Fondé à Lisbonne par la conservatrice et entrepreneuse française Pauline Foessel, le 100 Collectors entend rassembler une communauté de passionnés avec une idée en tête : en finir avec l’achat solitaire et déconnecté.
100 Collectors, c’est un club à part. À mi-chemin entre le club privé et le laboratoire d’idées, cette initiative rassemble des collectionneurs venus de divers horizons, tous unis par une même intuition, l’idée que « simplement » collectionner ne suffit plus. Pour être au fait du marché, et de ses tendances, il faudrait aussi comprendre, échanger, mais surtout ressentir. Pauline Foessel pose alors une question : que devient l’acte d’achat lorsqu’il se transforme en dialogue ?

Redonner du sens à l’acte d’achat
Si, à première vue, 100 Collectors sonne comme un club élitiste, l’enjeu se situe bel et bien ailleurs. Derrière ce projet, une volonté claire se dessine : celle de créer un pont entre l’art contemporain et la création digitale, deux mondes qui évoluent encore trop souvent dans des sphères différentes. « Dans le monde de l’art contemporain, collectionner est souvent une aventure solitaire. On peut nouer des relations avec des galeries, des conservateurs, voire des artistes, mais les échanges entre collectionneurs sont rares, explique Pauline Foessel à Coeval, Du côté de l’art numérique, le principal problème était inverse : trop d’informations, trop vite, et moins d’expérience du monde réel. Tout se passe en ligne, ce qui peut être à la fois stimulant et déroutant. Il faut du temps, de l’expérience et un accès privilégié pour trier le bon grain de l’ivraie, repérer les talents et prendre des décisions éclairées. De nombreux collectionneurs m’ont confié se sentir perdus, non pas par manque d’intérêt, mais parce qu’ils ne savaient pas par où commencer. »

« Vivre l’art ensemble »
Pour Pauline Foessel, ce lien se fait par les rencontres, nombreuses, qui confèrent au projet une toute autre dimension. Visites d’ateliers, discussions avec des artistes, explorations collectives lors de foires internationales… L’œuvre, qu’elle soit physique ou numérique, ne se contemple plus à distance avant d’être choisie ; quant au collectionneur, il cesse d’être un simple acquéreur pour devenir un acteur culturel à part entière. « Très vite, il est devenu évident que ce que les gens recherchaient vraiment, c’était un sentiment d’appartenance à une communauté, un accès facilité à l’art et une meilleure compréhension de son contexte, poursuit la fondatrice. Ils souhaitaient vivre l’art ensemble, et pas seulement à Lisbonne. C’est ce qui a guidé le projet depuis lors. »
D’une certaine façon, la démarche est donc politique. Car derrière 100 Collectors, il y a cette idée de redonner du sens à l’acte de collectionner. Non pas pour accumuler, mais pour soutenir. Non pas pour posséder, mais pour accompagner. Dans cette dynamique, chaque œuvre acquise raconte une histoire : celle d’un artiste, mais aussi celle d’un regard collectif en train de se construire.