Jusqu’au 12 octobre 2025, l’exposition Désastre des astres fait dialoguer chaos et géométrie, sous la houlette de Lucien Bitaux, lauréat du Prix Vasarely de la Biennale Chroniques.
Disséminées dans les espaces de la Fondation, les installations de Lucien Bitaux évoquent des sites de fouilles archéologiques motorisés. Des structures qui fouillent, grattent, tournent, dans l’espoir de faire ressurgir un temps lointain. Ces sculptures en mouvement, inspirées par les carrières de Bibémus et les montagnes de Cézanne transforment la rugosité des pierres pour en faire un motif abstrait digne de Victor Vasarely. En bref, un véritable hommage à l’Histoire de l’art, qui s’étire ici des premières découvertes antiques à l’avènement de l’art abstrait.

Un pont entre astronomie et géologie
Dans ce dialogue silencieux, la science s’invite . Schémas de galaxies, systèmes cristallins, spectres cosmiques… Lucien Bitaux fait basculer l’observateur entre échelle astronomique et géologique : un passé ancestral se déploie, imparfaitement lisible, dans le scintillement des miroirs et la répétition des formes. Les « strates » de pierre, véritables miroirs, captent la lumière comme autant de radiations fossiles, condensant un passé lointain que l’on croyait intangible. Et pourtant, aucune date ni aucun repère ne permettent vraiment de mesurer ce temps : seule demeure l’illusion hypnotique d’un monde archéologique mouvant, rythmé comme une horloge ineffable.
Avec Désastre des astres, ce sont les échos d’un temps immémorial que l’on écoute au cœur des hexagones, un temps « ancestral » à la fois chahuté et ordonné, comme une partition inachevée qui se déploie dans un lieu idéal pour accueillir ce type de proposition.

Prolonger les préceptes de l’op art
Il faut effectivement reconnaître que la Fondation Vasarely se prête particulièrement bien à cette mise en abîme : architecture-lumière, art cinétique, intégrations géométriques… L’espace, inscrit aux Monuments historiques, résonne avec l’esprit du maître de l’op art, qui rêvait d’un « art pour tous » et d’un espace urbain à la fois social et esthétique. Un lieu qui vit selon son souhait grâce aux installations de Lucien Bitaux, dont le propos continue de faire battre le coeur de l’art cinétique et populaire. Et célèbre, au passage, le « Désastre des astres ».
- Désastre des astres, Lucien Bitaux, jusqu’au 12.10.25, Fondation Vasarely, Aix-en-Provence.