Avec sa nouvelle performance REPLIKAS, présentée dans le cadre de MUTEK 2025, à Montréal, Alexis Langevin-Tétrault pousse un peu plus loin les limites de la création audiovisuelle.
Présentée lors de l’édition 2025 de MUTEK, au théâtre Maisonneuve, REPLIKAS est une œuvre unique en son genre, à l’image de son créateur ; Alexis Langevin-Tétrault est en effet de ceux qui tissent des formes vivantes entre le son, l’image, le geste. Une trame organique que l’on retrouve dans son nouveau projet, qui promet d’entrer des états pluriels et d’être sujets à de multiples frissons électroacoustiques. Quelques jours avant son grand lancement, l’artiste montréalais se confiait d’ailleurs sur les ambitions de sa future pièce au magazine montréalais Le Devoir : « Il y aura des lumières robotisées qui vont suivre ce que je fais, qui vont réagir à la structure que je suis en train de construire, et puis il y aura de la génération de musique électronique associée à tout ça. » Non content d’offrir une sorte de conclusion à l’ensemble de ses travaux jusqu’à aujourd’hui, et donc de boucler un cycle, Alexis Langevin-Tétrault précise justement avoir envisagé REPLIKAS comme « une mise en commun de tout ce [qu’il est] capable de faire. »

Ode au rassemblement ritualisé
Considérée comme une œuvre d’art totale, la performance encourage chez le québécois la rencontre de nombreux univers : de l’art numérique à la musique électronique, de la chorégraphie à la technique, l’œuvre est à la fois un bijou de poésie pure et une réussite technique sans pareille. Une apothéose qui n’apparaît pourtant pas tout de suite, et qui se construit lentement, au fil du temps. « Au début, c’est très lent et ça fait pratiquement penser à un rituel funéraire dans ma façon de me déplacer, dans mon esthétique en général, et le rythme finit par s’accélérer », précise Alexis Langevin-Tétrault, qui a tenu à faire de ce spectacle une version contemporaine et esthétisée de différentes traditions, qu’elles soient religieuses ou païennes, ayant marqués les époques.
En d’autres termes, disons que REPLIKAS est une ode à la célébration, au rassemblement ritualisé, dont l’artiste devient le centre. « Au fur et à mesure que je m’anime sur scène et que j’assemble les éléments de la structure, une énergie se développe », rappelle-t-il, toujours au Devoir.

En finir avec la rigueur algorithmique
À celles et ceux qui résistent encore à la technologie, la trouvant trop froide en comparaison à la peinture à l’huile et aux vers de Molière, Alexis Langevin-Tétrault offre ici une vraie porte de sortie, persuadé de la capacité des outils numériques à donner naissance à des espaces de liberté totale.
Conçue pour s’adapter à tous les imprévus, REPLIKAS n’a que faire de la rigueur algorithmique ; c’est une œuvre qui se vit comme on danse : en s’adaptant aux rythmes qui s’enchaînent, et ne se ressemblent pas toujours. « Quand je joue d’un instrument de musique, je peux improviser si je veux, et c’est cette sincérité-là, cette spontanéité-là que j’essaie de retrouver dans l’interaction avec les technologies », conclut Alexis Langevin-Tétrault. Un pas de deux plus que réussi.