Après Paris, Londres ou Bâle, le grand circuit de l’art s’est arrêté à Miami. Un moment phare du calendrier qui agit comme le baromètre de l’année à venir en matière de création et de marché. Bonne nouvelle : en Floride, l’art numérique s’est imposé en roi.
Comme chaque année, tout le gratin de l’art a posé ses valises à Miami, heureux de découvrir une nouvelle plateforme dédiée aux pratiques numériques : Zero 10. Mais Art Basel Miami, c’est évidemment le grand raout des artistes et des collectionneurs, dont l’intérêt s’est tout particulièrement porté sur les nouvelles technologies début décembre. Car, si les d’Alice Neel et de Rauschenberg se sont vendues sans surprise à prix fous, c’est bien l’engouement autour de l’art numérique qui semble avoir marqué cette édition. « L’art numérique fait désormais partie intégrante de l’évolution en temps réel de l’art et du marché, déclare Noah Horowitz, PDG d’Art Basel, à Now Media. Avec Zero 10, nous créons une plateforme qui offre des résultats concrets aux artistes émergents et confirmés, aux galeries, aux collectionneurs, aux institutions et aux entrepreneurs, en faisant le lien entre l’expérimentation créative et le développement durable du marché. »

Une proposition éclectique qui séduit
Zero 10 s’est rapidement imposé comme l’un des temps forts de la foire, et a multiplié les records. Parmi les artistes plébiscités ? Beeple, évidemment, qui a vendu les dix œuvres de sa série Regular Animals à 100 000 dollars chacune, mais aussi Michael Kozlowski, dont les quatre reliefs inspirés des circuits imprimés ont été cédés à 25 000 dollars pièce. Mentionnons également les huit NFTs de Larva Labs vendues entre 25 000 et 45 000 dollars, les sept peintures abstraites générées par IA de Tyler Hobbs vendues 42 000 dollars l’unité, ou encore l’animation web de Kim Asensorf et les cinq éditions d’une œuvre vidéo de Joe Pease parties respectivement contre 145 00 dollars et 35 000 dollars.
Mais le point fort de Zero 10 réside sans doute de la diversité de ses propositions. Car les pièces à six chiffres n’étaient pas les seules options ! On a ainsi vu les jeunes collectionneurs séduits par les vingt-cinq éditions MP4 de l’installation vidéo interactive No Me Olvides de IX Shells – vendues à 3 500 dollars chacune. La somme n’a rien de modique, mais témoigne malgré tout d’une ouverture vers d’autres publics. De là à penser que l’on vient d’assister au futur des foires internationales d’art ? Tout pousse à le croire.