Déployé au CENTQUATRE jusqu’au 14 décembre prochain, le festival conçu et réalisé par le centre d’art parisien et L’Oréal fait dialoguer danse, cirque, arts visuels et réalité virtuelle autour de la question du corps.
Et si le corps était vecteur de langage ? Si le mouvement pouvait se substituer aux mots ? Il y a dans ces deux questions tout ce qui synthétise l’ambition de Beaux Gestes, festival pluridisciplinaire qui se déroule actuellement au CENTQUATRE, à Paris, en marge de la Biennale Némo. « Le corps est un enjeu majeur dans les sociétés. Aujourd’hui, on en parle bien souvent pour dénoncer les injonctions contradictoires, rappelle Delphine Urbach, directrice Art, Culture et Patrimoine chez L’Oréal, co-producteur de l’évènement. On avait envie d’en parler différemment, de laisser une place aux beautés plurielles, au généreux, au positif, à toutes ces questions d’inclusion qui permettent un élan de liberté ».

Bouger dans tous les sens
Pour mettre en lumière les différentes représentations du corps, le festival Beaux Gestes rassemble des artistes plastiques, des vidéastes et des circassiens. Au coeur de l’évènement ? Une exposition convoque la mémoire du mouvement, à travers les technologies immersives, les expérimentations visuelles, ou l’audiovisuel pour scruter nos façons d’évoluer physiquement dans un monde, lui aussi, en perpétuel mouvement.
On oscille ainsi entre le robot industriel dansant d’Aurélien Bory et les Vénus révistés de Clédat & Petitpierre, on zig-zag entre les vidéos de Chantal Akerman, Jean-Luc Godard ou Justine Emard, et l’on découvre, casque sur la tête, les expériences en réalité virtuelles de Sharon Eyal, Chélanie Beaudin-Quintin et Caroline Laurin-Beaucage – toutes sélectionnées à la Mostra de Venise. Un espace multiple qui sert de point de repère, d’ancrage aux différents spectacles vivants qui ponctuent la semaine, des danses du collectif Les Idoles ou de Raphaëlle Delaunay au cirque 2.0 de Marion Collé, en passant par la performance photographique de Jean-François Spricigo. Avec, toujours, le but de parler du monde et de l’art d’aujourd’hui, comme le rappelle José-Manuel Gonçalvès, co-directeur artistique du festival : « Beaux Gestes continue ce que nous interrogeons au CENTQUATRE depuis vingt ans : la notion de répertoire contemporain qui permet d’identifier l’évolution des esthétiques et de montrer aux différentes générations comment un sujet est traité. » Alors, on danse ?