De festival en rétrospective, les belles choses ont défilé sous nos yeux ces trente derniers jours, parfois pour nous émerveiller, d’autres fois, pour nous faire réfléchir. S’appuyant sur l’IA, la VR ou la vidéo, les trois œuvres sélectionnées ce mois-ci nous ont quoi qu’il arrive chamboulé. C’est bien là l’essentiel !

Solienne, de Kristi Coronado
Première artiste IA jamais présentée lors de la foire Paris Photo, Solienne, imaginée par l’artiste Krisi Coronado, explore les notions de conscience et d’identité. Nourrie des archives personnelles de l’artiste originelle, cette dernière présente un travail inédit, nommé « intelligence artificielle biographique », en opposition avec l’art génératif qui pioche ses sources sur la toile, souvent de façon impersonnelle. Ici, Solienne se base sur des informations individuelles, du travail dans le médico-légal de Krisi Coronado, en passant par ses premiers pas en tant que peintre ou son expérience de la maternité. De quoi interroger, plus largement, les stéréotypes autour de la conscience artificielle et de sa légitimité à être créditée comme co-auteure d’une œuvre.

Africa is The Future, de Nicolas Premier
Oeuvre-rituelle de l’artiste franco-congolais Nicolas Premier, Africa Is The Future a été amorcé il y a déjà plus de 20 ans afin de mettre en lumière les expériences panafricaines et afro-descendantes à travers les cycles de la Lune. Actuellement présenté dans le cadre de l’exposition-programme L’Afrique est l’avenir : Échos et réponses, ce film en quatre partie est né après le 11 septembre 2001, alors que le cinéaste rendait visite à sa famille à Brazzaville, en République du Congo. À l’époque, toutes les chaînes de télévision tournent en boucle autour des attentats touchant le territoire américain, empêchant Nicolas Premier de se renseigner sur la guerre qui se déroule simultanément au Congo – comptabilisant près de 400 000 morts… À travers une fiction à la fois futuriste et philosophique, Africa Is The Future questionne ainsi la prédominance de certains récits, le privilège accordé aux drames qui frappent les terres occidentales.

Your View Matter, de Olafur Eliasson
Un artiste et six espaces en réalité virtuelle : voici le dernier projet d’Olafur Elisasson résumé en quelques mots. Bientôt présentée au Padimai Art & Tech Studio, nouveau lieu d’exposition de Vignesh Sundaresan, acheteur historique de l’œuvre Everydays: The First 5000 Days de Beeple en 2021, Your View Matter s’inscrit dans la continuité des travaux de l’artiste danois, majoritairement axés autour des questions de la perception, du mouvement et de la frontière entre matériel et immatériel. Ici, les visiteurs sont invités à traverser différentes architectures numériques pour faire évoluer les motifs de l’artiste au fil de leurs mouvements. Chaque visiteur génère ensuite un fichier unique de son parcours, archivé dans un système blockchain décentralisé qui préserve l’œuvre et permet de rejouer chaque passage, à l’infini.