C’est un fait : les artistes aussi font leur rentrée ! Glanées au fil des expositions et autres festivals de septembre, ces oeuvres d’art numérique nous ont parfois émus, d’autres fois interrogés, souvent fait rêver. Mais une chose est sûre : elles nous ont toute fait réagir. Petit tour d’horizon.
Si le mois de septembre nous a apporté la pluie, le froid et les dossiers qui s’entassent sur le bureau, il nous a également permis de partir à la rencontre d’artistes numériques uniques, aux pratiques toujours bien ancrées dans notre époque. De Montréal à New-York, en passant par Gijón, ces oeuvres découvertes aux quatre coins du monde nous invitent à repenser notre rapport à la technologie. Et témoignent d’une période frondeuse, aussi bien sur le plan technique qu’artistique.

CiÖ_Echos – Collectif CiÖ
Présentée à la Galerie ELEKTRA de Montréal comme une exposition interactive multi-sites, l’installation du collectif CiÖ est une véritable expérience immersive sensorielle, associant visuel, son et aspect ludique pour traiter du sujet de la santé mentale – le tout, à travers le prisme de l’intelligence artificielle. Axée sur le dialogue homme-machine, l’oeuvre permet à l’IA, via une application conversationnelle, de retranscrire de façon numérique des émotions tout ce qu’il y a de plus humaines. À l’ère où ChatGPT remplace peu à peu les psychologues, le collectif invite les spectateurs à la méditation, certes, mais aussi à réfléchir aux liens émotionnels qu’ils entretiennent avec ces nouvelles interfaces.

ARS Natura – Annabelle Playe, Hugo Arcier et Rima Ben Brahim
Découverte lors du festival international de création audiovisuelle de Gijón, le L.E.V, cette pièce immersive collective encourage tout un chacun à changer de perspective. Et si nous regardions les paysages de notre quotidien comme s’ils n’étaient pas réels, ou tout simplement issus d’une ère post-anthropocène ? À partir de cette question, les trois artistes entendent bousculer notre rapport à la nature et à l’architecture, en mettant notamment sur scène une performeuse chargée d’activer un dispositif sonore et visuel. Leur intention ? Faire émerger un nouveau monde, tout droit sorti d’un film de science-fiction.

EXIT Room 003: Pixel Theory – Ceren Arslan
Lors de la NYC Art Week, la première série de mobilier modulaires de la designer spatiale Ceren Arslan réinterprète le pixel dans une série de meubles monochrome, entre pièces de collection et installation immersive. Transformé en siège, table ou lampe, l’ensemble se déploie au coeur de la galerie IRL – le petit carré sort alors de l’écran d’ordinateur pour intégrer le monde physique. Une façon pour l’artiste de transformer l’élément principal des environnements digitaux en des formes tridimensionnelles, actant à sa mariage le mariage du numérique et du monde réel dans des œuvres qui transforment l’anodin en poésie visuelle.