L’été touche à sa fin, mais le mois d’août n’a pas manqué de nous surprendre. Entre une balade sur la plage et une soirée entre amis, nous nous sommes comme toujours aventurés dans les lieux culturels, de Montpellier à Londres, afin de sélectionner trois œuvres particulièrement novatrices, entre expériences immersives et installations XXL.

Okuda San Miguel – Ancestral Futurism
Pour sa toute première exposition immersive, Okuda San Miguel redéploie ses figures géométriques et créatures hybrides en de vastes environnements numériques chez W1 Curates, sur Oxford Street, au sein d’un espace parfaitement adapté à ses œuvres ; le peintre espagnol s’y donne à cœur joie, chaque œuvre étant ici l’occasion de faire se percuter la nature et la technologie, le tribal et les fantasmes futuristes. Le street art, jadis éphémère, se redéfinit dès lors dans la lenteur, loin du scroll infini, et impose une pause plus que bienvenue, presque méditative, en plein cœur de Londres.

Dorota Gaweda & Egle Kulbokaite – Spit and Image 1
Au MO.CO. Panacée de Montpellier, au coeur de l’exposition curatée par Anya Harrison, À fleur de peau, les artistes Dorota Gaweda et Egle Kulbokaite font de la peau une interface. À travers Spit and Image 1, ces derniers tissent en effet un ensemble hétéroclite où se croisent sans se bousculer des photographies spirites, des mannequins de cire du XVIIIe siècle et des technologies de reconnaissance faciale. En résulte une sorte de danse chorégraphiée où le visage se dédouble et se démasque, jusqu’à brouiller la frontière entre un corps vivant et son double algorithmique. C’est vertigineux, un brin flippant, mais surtout terriblement captivant.

rängad rotid – « vahi vahi » / « no fomo »
À la Monumentaalgalerii de Tartu, le collectif rängad rotid clôt sa trilogie amorcée avec Stalker Dance (2023) et Roti rumba (2024). Comment ? Via une nouvelle installation dont l’ambition est claire : transformer l’espace d’exposition estonien en une cour semi-publique saturée d’écrans, au sein de laquelle on entre en tant que spectateur et d’où l’on ressort épié. Le regard se retourne alors. On venait pour regarder, nous voilà observés par cette installation qui interroge les technologies de surveillance.