Biennale Chroniques : tout savoir sur la programmation 2024

19 septembre 2024   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Biennale Chroniques : tout savoir sur la programmation 2024
“Derniers Délices” ©Smack et Claudie Gagnon

Du 7 novembre 2024 au 19 janvier 2025, la Biennale des Imaginaires Numériques fait son grand retour dans le sud de la France. Proposant un parcours captivant entre Arles, Marseille et Aix-en-Provence, cette nouvelle édition s’appuie sur une programmation plurielle, entre certitudes, avant-gardisme et exploration de plaisirs inconnus.

Fidèle à son ambition de marier esthétique et technologie, la Biennale Chroniques explore cette année les multiples dimensions du plaisir, proposant aux visiteurs de découvrir des œuvres immersives, des installations interactives et des performances visuelles et sonores uniques, toutes obsédées par une même question, essentielle : comment éprouver du plaisir au sein d’un contexte écologique ou économique chaotique ? L’occasion de parler éthique, politique, normes et contraintes sociales… sans même avoir l’air d’y toucher.

Pour donner l’eau à la bouche, cette quatrième édition s’appuie sur quelques certitudes (98 000 visiteurs en 2022) et mise sur un préambule spirituel. Le 6 novembre, veille de l’ouverture officielle, Vincent Dupont, comédien et chorégraphe, et Charles Ayats, artiste numérique, sont en effet invités à allier danse au plateau et réalité virtuelle le temps d’une expérience (No Reality Now) où le spectateur est convié à pénétrer dans un au-delà mystique. Mettant en scène une veillée funèbre, Dupont et Ayats bouleversent la première étape du deuil par un orage menaçant accompagné d’une pluie battante et d’éclairs toniturants. Équipé d’un casque de réalité virtuelle, le public est quant à lui pris à parti et découvre un aperçu de l’après, alors qu’une expérience parallèle se déroule simultanément sur scène, proposant une double lecture de la pièce.

MIREMIRE, Jasmine Morand, Installation chorégraphique ©Pavillon Noir d’Aix-en-Provence & Théâtre de l’Olivier à L’Usine

Les petits plats dans les grands

Quant à l’ouverture officielle de cette nouvelle édition, celle-ci se déroule une nouvelle fois à Marseille, et plus précisément encore à la Friche la Belle de Mai, du 6 au 7 novembre, autour d’une grande soirée d’ouverture 100% gratuite. Alors qu’aux 4ème et 5ème étages de la Tour et du Panorama se déroulent les vernissages des expositions PIB – Plaisir Intérieur Brut (Ugo Arsac, Donatien Aubert, Anne Fehres & Luke Conroy, Dries Depoorter, etc.), Environnements virtuels (Boris Labbé, Baron Lanteigne, François Quévillon) et Derniers Délices (Smack, Claudie Gagnon), ainsi que celui de l’expérience immersive En Amour d’Adrien M & Claire B, du côté des Grand et Petit Plateaux de la Friche, la performance (audiovisuelle et musicale) sera mise à l’honneur.

À quelques kilomètres de là, Aix-en-Provence imagine un tout autre programme pour débuter les festivités. Comment ? En confiant ses espaces publics aux mains des artistes. Initié en 2022, et étendu cette année à de nouveaux lieux et quartiers, ce parcours (à découvrir en avant-première les 8 et 9 novembre) réunit neuf œuvres monumentales, sonores, lumineuses, interactives ou participatives. Une soirée qui promet d’être riche en surprises puisque des performances et de rencontres avec les équipes et les artistes viendront ponctuer la balade.

©Biennale Chroniques

L’audace du plaisir

Vous souhaitez prolonger les réflexions même après ce week-end de fête ? Le 23 novembre, une journée sera entièrement dédiée à l’échange (à Marseille et à Aix) autour d’une thématique précise – « Comment parler de plaisir en 2024 ? » – et rassemblera des philosophes, des curateurs et des artistes autour d’une série de conférences, de projections, de tables rondes et de dégustations. Car oui, même si le plaisir est politique, il est avant tout… plaisant ! 

Si la pluridisciplinarité est mise à l’honneur durant ces trois mois de festivité, la semaine de clôture, elle, sera plutôt axée sur le spectacle vivant et les intersections de ces disciplines avec des pratiques plastiques plus traditionnelles. Outre la performance de Martin Messier, [1 DROP 1000 YEARS], on a notamment hâte de découvrir celle de Thomas Laigle (Luciférine), du studio Martyr (Disco Funeral) ou de Line Katcho et France jobin (De-Construct), que l’on imagine déjà annonciatrice des possibilités permises par les nouvelles écritures contemporaines. Celles guidées par le plaisir, certes, mais également par une liberté et une audace qui caractérisent autant les œuvres sélectionnées que la programmation même de cette biennale.

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