Treize expositions dans différentes villes durant trois mois de résistance : la 5ème édition de la Biennale des Imaginaires Numériques dévoile enfin son programme complet. Entre Aix-en-Provence, Marseille, Arles, Avignon et Istres, l’événement s’apprête à faire vibrer la région autour d’une thématique essentielle, tournée autour des méthodes de contestation et d’émancipation à l’ère du numérique.
Depuis cinq éditions, Chroniques fait du sud de la France un véritable terrain d’expérimentation pour les arts numériques, la Biennale des Imaginaires Numériques se déployant à chaque fois entre différents grands pôles de Provence, tout en réunissant de nombreux artistes et chercheurs autour des mutations technologiques contemporaines. Cette année, le rendez-vous est donné du 24 octobre au 17 janvier 2027, avec, en ouverture, trois grands week-ends consécutifs au sein des villes phares de l’événement. Au programme : des vernissages, des performances, des concerts et un parcours nocturne… Tout ce qu’il faut, en somme, pour lancer les hostilités d’une édition placée sous le signe de la résistance numérique.
Résister, hacker, réinventer
À quelques mois des élections présidentielles, et compte-tenu de l’actualité particulièrement brûlante, cette édition s’articule en effet autour d’un fil rouge plus qu’essentiel : « Résistances – Hacktivisme, détournements et tactiques artistiques à l’ère numérique ». Sous la houlette de Mathieu Vabre, directeur artistique, et du commissaire invité Jean-Paul Fourmentraux, philosophe, socio-anthropologue et spécialiste reconnu des contre-cultures numériques, treize expositions entendent interroger la manière dont les artistes s’opposent, détournent et hackent les logiques normatives des technologies actuelles.
« Désobéir à l’ère numérique », « Cartographie sensible et mémoires recomposées », « Souffles terrestres », « Futurs solaires », F »abulations – reprendre la parole, réinventer le langage » ou encore « (Dé)jouer les mondes » : tout au long de ces différents événements, il est question de piratage des protocoles, de détournement des interfaces, de perturbation des IA… L’ambition est claire : explorer l’ensemble du spectre des gestes subversif développés au cœur de l’espace numérique. « La Biennale des Imaginaires Numérique 2026 est une invitation à penser le numérique au prisme de la dissidence, au travers d’ œuvres qui perturbent les évidences, brouillent les signaux, ouvrent des brèches et proposent des outils d’émancipation dans notre société pour renouer avec les utopies originelles notamment d’Internet », résume l’équipe du festival.

L’insurrection qui vient
Total Refusal, Cecilie Waagner Falkenstrøm, HsienYu Cheng, Paolo Cirio, Anna Solal, Paolo Almario, Mounir Ayache, Albertine Meunier, Filipe Vilas-Boas, Julien Prévieux, Fred Moussa, Olivain Porry, Yue Cheng, Jérémy Griffaud, Sacha Rey, Agnès de Cayeux, Pierrick Sorin… La liste des artistes invités est belle, très dense, et vient confirmer l’ambition d’une biennale qui entend ne pas être nécessairement dans la confrontation frontale. L’idée, on le comprend assez vite en analysant le contenu des différentes expositions, est surtout de donner à voir des formes de lutte plus discrètes, plus subtiles. De mettre au premier plan celles qui dansent, qui chantent, qui choisissent le soin, la mémoire ou l’anonymat, plutôt que le cri. Comme pour rappeler qu’il y a différents modes d’action, et que tous sont finalement articulés autour d’une même intention : faire dérailler le récit numérique dominant, et résister à l’oppresseur.
- Biennale des Imaginaires Numériques, du 23.10.26 au 17.01.27, Marseille, Aix-en-Provence, Arles, Avignon, Istres.