Avant de s’imposer dans les musées, l’art numérique trouve sa source dans les bibliothèques. « Book Club » revient sur ces livres essentiels des mouvements créatifs explorant les liens avec les nouvelles technologies. IA, métavers, réalité augmentée… Ces auteurs traitent de tout ! Aujourd’hui, focus sur Clickbait de Simon Parmeggiani, un ouvrage inédit à mi-chemin entre le livre d’art, la fiction et l’essai sur l’IA.
L’auteur
Créatif, designer digital, directeur artistique et maintenant auteur : c’est simple, Simon « Si » Parmeggiani multiplie les casquettes. Évoluant depuis 2002 dans le milieu de la création numérique, l’artiste est passé par de nombreuses agences de publicités internationales prestigieuses avant de s’établir comme responsable du design digital chez BBH, à Londres. Alliant conception, motion design, illustration et prototypage, Simon Parmeggiani mêle approche créative et solutions à la fois cohérentes et esthétiques. S’il est un professionnel reconnu, il exprime également sa vision artistique grâce à son alter-égo Neptunian Glitter Ball, derrière lequel il multiplie les projets pour lui – pour l’art, donc. Une double identité qu’il met aujourd’hui au service de sa propre création à travers l’ouvrage Clickbait, rassemblant une grande partie de ses visuels générés grâce à l’IA.

Le pitch
Dans un paysage culturel où l’intelligence artificielle ne cesse de redéfinir les contours de la création, Clickbait surgit comme un objet non identifié. Pas vraiment livre d’art, pas vraiment récit, ni même un essai, l’ouvrage fusionne, de manière presque organique, les visions de l’auteur avec celles de la machine. Car il s’agit bien d’une collaboration : ici, l’a machine l’IA ne se contente pas d’exécuter. Elle propose une vision unique, sous la supervision de Simon Parmeggiani, qui orchestre cette hybridation avec une précision quasi chorégraphique, dans des registres aussi variés que la mode ou la photographie de paysages.


Notre avis
À tous les sceptiques : oui, l’IA est capable de faire du beau. Là où beaucoup de projets génératifs peinent à dépasser la simple démonstration technique, Clickbait parvient à créer une narration silencieuse, volontiers cinématographique. L’ouvrage apparaît presque comme une brèche bienvenue vers l’impossible, le rêve, selon une pagination où l’on passe en un clin d’oeil d’une scène familière à une vision surréaliste grâce aux perceptions de la machine et de l’artiste.