Le dernier rapport Art Basel & UBS le confirme : la jeune génération réinvente les règles du jeu. Quant au marché de l’art, il n’a d’autre choix que de suivre le mouvement.
Dévoilé il y a quelques jours, le dernier rapport Art Basel & UBS sur le marché mondial de l’art dresse le portrait d’un secteur qui semble repartir de l’avant, après une ère post-Covid nettement plus difficile. En effet, les ventes globales ont progressé de 4 % sur un an, pour atteindre environ 59,6 milliards de dollars en 2025, après deux années de recul. Un chiffre qui rassure, mais qui cache surtout une mutation plus profonde.

La Gen Z, ou l’art de collectionner à sa façon
Car derrière la reprise des enchères et le regain d’activité des galeries, c’est tout un public qui change de visage. « Dans les beaux-arts, les jeunes collectionneurs se sont engagés sur un plus large éventail de médiums. La génération Z avait les taux d’activité les plus élevés dans l’art numérique, tandis que les milléniaux préféraient les impressions, la photographie et les œuvres sur papier », précise le rapport. En d’autres termes : ceux que l’on considérait comme les acteurs de demain sont déjà ceux d’aujourd’hui, et redessinent le paysage des ventes à vitesse grand V, ne serait-ce que parce qu’ils constituent désormais environ 10% des collectionneurs actifs au sein du monde de l’art.
Fini le cliché du collectionneur en costume-cravate qui n’achète qu’à la FIAC (Art Paris, pardon). Les millennials et la génération Z affichent aujourd’hui l’appétit le plus large en matière de collection croisée, jonglant entre les catégories comme d’autres jonglent entre les applications. Côté goût, le numérique s’impose comme le terrain de jeu naturel de cette génération biberonnée aux écrans. Un art qui se collectionne parfois sans jamais quitter un écran, se transmet par un lien plutôt qu’en galerie, et qui s’achète, de plus en plus, là où cette génération passe déjà le plus clair de son temps : sur les réseaux. Le rapport met notamment l’accent sur la montée en puissance des plateformes numériques, avec 51 % des collectionneurs ayant acheté des œuvres via Instagram, et un doublement des achats effectués directement auprès des artistes. Autant dire qu’aujourd’hui, il n’est plus rare de tomber sur la prochaine pépite de sa collection entre deux stories. Libre aux vétérans du monde de l’art de s’y adapter !