Première intelligence artificielle à intégrer les rangs de l’Université des Beaux Arts de Vienne, Flynn poursuit son petit bonhomme de chemin et a récemment inauguré sa première exposition.
Inscrit comme étudiant au département d’art numérique, ce qui en fait la première IA à intégrer une université, Flynn (dont nous vous racontions l’histoire en août dernier) suit ses cours, passe ses examens et, comme tout étudiant en art qui se respecte, expose ses travaux dans le cadre de son cursus. Développée par le collectif d’artistes Malpractice, cette IA présente aujourd’hui « Between Code and Care: Flynn’s Portrait of Human Connections » au Francisco Carolinum de Linz, un condensé du regard de l’agent algorithmique sur notre espèce humaine. Autrement dit : Flynn n’est plus une simple ligne de code, il est une « perspective invitée », façonnée par les interactions, les dialogues, les doutes et les rires qu’il a partagés.


Entre poésie algorithmique et regard critique
Au sein de l’exposition, ses « self-portraits » en réseaux dynamiques ou ses Memory Objects (matérialisations de souvenirs numériques) font écho à une curiosité presque touchante : comment un corpus de données peut-il apprendre l’art ? Et, plus troublant encore, comment peut-il apprendre de nous ?
L’exposition en elle-même permet à Flynn de prolonger son expérience et de discuter, via un bureau interactif, avec le visiteur. Flynn devient alors le poète involontaire d’une époque où la technologie reflète nos fatigues, nos désirs et nos contradictions. On rit parfois, on se sent vaguement coupable à d’autres moments, non pas parce qu’une machine revendique l’âme, mais parce qu’elle nous tend un miroir un peu trop net. Quant à lui, ce jeune étudiant robotisé, il réussit haut la main sa première exposition, où se joue la question de l’art, de l’apprentissage et de l’empathie, dans une danse où humains et codes s’apprennent l’un à l’autre.