Ville du futur jusqu’au 13 octobre prochain, Osaka fait la part belle à la création à l’ère de l’intelligence artificielle. Sans jamais se détourner des questions qui fâchent.
Au Japon, la ville d’Osaka a déjà un pied dans l’avenir. Déployée sur le thème « Concevoir la Société du Futur, Imaginer Notre Vie de Demain », l’Exposition universelle d’Osaka multiplie les pavillons autant que les idées avant-gardistes, et invite 158 pays ou territoires, ainsi que sept organisations internationales, à faire de la cité nippone la capitale de la technologie, de l’art et de l’architecture de demain. Ce fil rouge n’a rien d’anodin : il permet de poser des questions existentielles à un moment où les nouveaux défis sociaux se multiplient – axés notamment autour des écarts économiques croissants et des nombreux conflits géopolitiques -, parallèlement à l’évolution des technologies scientifiques telles que l’IA, omniprésente dans toute la ville.
Rassemblés sous la même bannière, trois sous-thèmes sont explorés à travers les différents pavillons : « sauver les vies », qui s’attarde sur la recherche de solutions autour de la santé ; « renforcer les vies », qui s’intéresse à l’innovation mais aussi à l’éthique de l’IA ; et « connecter les vies », axé sur les échanges interculturels.


La France, royaume de l’IA ?
Pour témoigner de cette dernière partie, il suffit de se rendre au sein du Pavillon Français, où l’artiste Justine Emard a enfilé la casquette de directrice artistique pour inviter les visiteurs à une traversée sensorielle au sein des allées d’une exposition où les images et les sons résonnent comme un battement. L’événement se nomme Pulsations, et voici comment l’artiste française, invitée à prendre les commandes d’un numéro de notre newsletter éditoriale en mars dernier, entend le présenter : « C’est la mise en scène du signal de la pulsation qui construit la sensibilité de l’expérience — dans la lumière, le son, les images, les mouvements — et crée une impulsion énergique, comme un élan vers le futur ».

Réinterprétant le concept d’hymne, ce chant fédérateur rassemblant un peuple sous la même mélodie, l’ambiance sonore du pavillon se teinte de notes électroniques, qui vibrent simultanément avec tous les espaces de l’exposition. « Dès les premiers pas dans l’exposition, une pulsation visuelle et sonore enveloppe les spectateurs. Comme un battement de cœur, un souffle de la nature, une énergie qui relie tous les êtres vivants, cette vibration accompagne le voyage au fil du Pavillon, explique Justine Emard, L’exposition “Pulsations” célèbre cette force invisible qui unit les humains à leur environnement. Entre art et nature, elle invite à ressentir le lien profond qui nous connecte au monde vivant. Synchronisée sur le même rythme, la pulsation musicale suit celle du cœur et propose une traversée sonore d’espace en espace ». Chaque tableau dure trois minutes et trente secondes, et se vit comme une seule mélodie, évoquant le flux constant de visiteurs, qui se bousculent.

Une obsession pour l’IA
En marge du Pavillon français, l’IA se déploie au sein des autres espaces de l’Expo 2025. On la retrouve chez l’artiste Ochiai Yoichi, qui vise à montrer combien cette technologie reformule notre manière d’apprendre via une création architecturale aux formes futuristes, chez la réalisatrice chilienne Maite Alberdi ou encore chez la scientifique Tarin Clanuwat, dont les recherches révèlent les limites de cet outil. Preuve que l’IA est sur toutes les lèvres, et dans tous les studios, de la France comme du Japon.
- Exposition Universelle d’Osaka-Kansai 2025 – Pulsations, jusqu’au 13.10, Pavillon France, Osaka.