À Montereau-Fault-Yonne, la Halle Bernier, une ancienne usine textile, vient de rouvrir ses portes sous une toute nouvelle identité : un centre d’art dédié aux pratiques numériques. Rendez-vous en septembre !
À Montereau, il fut un temps où l’on tissait plus que des liens entre voisins. Érigée il y a déjà plus de cent ans, la Halle Bernier a longtemps rythmé la vie économique de cette commune de Seine-et-Marne, à la confluence de la Seine et de l’Yonne. D’abord en accueillant une usine de métallurgie, puis grâce à sa production de vêtements et de soutien-gorges pour l’entreprise Bernier – d’où elle tient son nom actuel. Hélas, comme tant d’autres friches industrielles françaises, les machines à coudre ont finit par laisser place au silence et aux murs décrépis, qui ne disent plus rien de l’agitation d’autrefois.
Que faire de ce bâtiment emblématique de la ville ? Rapidement, une idée germe : et si la Halle Bernier devenait un terrain d’expérimentation pour les arts numériques ? Après tout, n’a-t-elle pas toujours été précurseur ? Inaugurée début juillet 2026 en présence d’élus locaux et régionaux, la Halle Bernier ambitionne aujourd’hui de devenir l’un des hauts lieux de ce que l’on appelle encore les « nouveaux médias », entre programmation éclectique et résidences d’artistes.

De friche industrielle à laboratoire artistique
Le projet, financé à hauteur de deux millions d’euros par la Région Île-de-France, est aujourd’hui exploité par la SPL Montereau, qui pilote la seconde vie de ce lieu chargé d’histoire. Une vie dans laquelle l’avenir dialogue avec le riche passé du bâtiment, qui conserve l’ossature et le caractère brut de la halle pour mieux l’ouvrir à ses usages futurs. Résultat ? Un espace hybride, où les stigmates de l’industrie ne font qu’un avec la lumière, le son, les machines ou le code. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de numérique.
La programmation de la Halle Bernier compte bien le faire savoir d’entrée de jeu en réunissant des artistes et des collectifs internationaux autour d’installations immersives, lumineuses, sonores et interactives. Du 17 septembre au 17 octobre 2026, un group show rassemblant au sein d’un même espace Collectif Scale, Guillaume Marmin, Eva L’Hoest, Marylou ou encore Ariane Burgelin entend présenter aux publics l’ambition du lieu : ici, on expose ceux qui comptent, et qui compteront demain.

Soutien à la création
Ce rôle prescripteur, l’institution compte bien l’incarner jusque dans son programme de résidences, « garantissant au minimum deux résidences financées par saison, afin de soutenir concrètement des équipes nationales et internationales, précise le site du lieu. Les artistes disposeront d’espaces adaptés, d’un accompagnement professionnel et de moyens techniques pour développer leurs projets. » Vous êtes artistes et cela vous intéresse ? Rendez vous sur le site de la Halle Bernier pour candidater – le premier appel à résidence sera publié dès l’ouverture, pour la période septembre à décembre 2026. Quant aux autres, on se retrouve à la rentrée pour être les premiers à découvrir cette nouvelle place forte de la scène numérique hexagonale.