À Barcelone, la façade ondulante de la Casa Batlló accueille Hidden Order, une expérience hypnotique qui célèbre l’héritage de Gaudí, mort il y a 100 ans, entre musique et mouvement.
Alors que la nuit tombe à Barcelone, les regards, eux, se lèvent vers la façade de la Casa Batlló qui s’anime au rythme des lignes lumineuses pensées par l’artiste britannique Matt Clark. Le vidéo mapping monumental imaginé par ce dernier transforme ainsi le bâtiment en organisme vivant qui, quelques minutes durant, permet à l’architecture de se déployer, de se fragmenter, mais aussi de se recombiner afin d’interroger : assistons-nous au chaos… ou bien à la mise en place de l’harmonie ?
Quand Gaudí rencontre l’algorithme
Tout part d’une intuition vieille d’un siècle. Architecte de génie, Antoni Gaudí affirmait que la nature n’obéissait qu’à des principes géométriques profonds. « La ligne droite appartient à l’homme, la courbe à Dieu », s’amusait-il à répéter. Une idée dont Matt Clark, à la tête du studio londonien UVA, s’est emparé pour explorer ce qu’il appelle l’« ordre invisible », devenu la devise officielle de « l’Année Gaudí 2026 ». Derrière les apparences du monde, il y aurait en réalité des structures invisibles, telles que les rythmes, les motifs, les cycles. Pensée comme la traduction artistique de ce concept, Hidden Order se présente ainsi sous la forme d’une œuvre audiovisuelle transformant une façade emblématique de la ville catalane – qui attire chaque année plus de deux millions de visiteurs – en champ d’expérimentation entre science, perception et poésie.
Ici, l’invisible est donc rendu visible par le mouvement de la chorégraphe Fukiko Takase, qui danse à l’intérieur du bâtiment, tandis que ses gestes, capturés par motion capture, sont transformés en formes lumineuses projetées sur la pierre. Au fil des séquences, la Casa Batlló évolue, au rythme d’une mélodie originale signée Daniel J. Thibaut, entre minimalisme et montées d’intensité. À l’image de Gaudí, finalement.