Le Premier ministre de l’Albanie, Edi Rama, a annoncé ce jeudi 11 septembre la nomination d’une ministre virtuelle baptisée Diella. Une première mondiale.
Et si la technologie remplaçait les futurs membres du gouvernement ? C’est en tout cas la porte qu’a récemment ouvert l’Albanie en « nommant », Diella (« soleil », en albanais), une IA, à la tête du ministère des marchés publics. Une façon pour Edi Rama de s’assurer que ces derniers soient « exempts de corruption à 100% ». « Chaque denier public soumis à la procédure d’appel d’offres sera parfaitement transparent, » a-t-il assuré. Rappelons que la lutte contre la corruption, notamment au sein de la fonction publique, constitue un critère essentiel dans le processus de candidature de l’Albanie à l’adhésion à l’Union européenne.

Une IA connue des Albanais
Représenté par une femme habillée d’un costume traditionnel albanais, Diella n’est pas inconnue des habitants du pays. Mise en place en janvier en tant qu’assistant virtuel généré par IA afin d’assister les citoyens à utiliser la plateforme officielle e-Albania (l’équivalent de notre impots.gouv à nous), elle aurait, d’après les chiffres officiels, permis l’édition de 36 600 documents numériques et aurait fourni près d’un millier de services sur la plateforme.
Devenue ministre, Diella sera chargée d’évaluer les appels d’offres et aura le droit de « recruter des talents dans le monde entier, » toujours selon le Premier ministre albanais. Un gros coup pour Edi Rama, en poste depuis quatre législatures, qui doit présenter son nouveau gouvernement aux parlementaires dans les prochains jours et qui affiche une ambition claire : faire entrer le pays des Balkans dans l’Union Européenne. Cependant, pour certains utilisateurs des réseaux sociaux, cela ne suffira pas à faire de l’Albanie un pays sans corruption. D’après eux, même l’IA pourrait être manipulée dans un tel contexte politique. Sur X, on peut par exemple lire : « Même Diella sera corrompue en Albanie. » Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas encore détaillé la manière dont fonctionnera la surveillance humaine, ni de quelle façon les Albanais pourront contester les décisions fondées sur l’IA devant les tribunaux.