Biberonné au pop art – pour l’amour des objets du quotidien – et à la culture web, à laquelle il emprunte son esthétique, l’Américain John Karel a su faire du GIF un langage poétique, et représenter une réalité qui n’a rien d’artificielle.
Ancien étudiant en beaux-arts d’abord influencé par la culture vaporwave et l’ère Tumblr, John Karel voit rapidement dans le GIF le moyen d’exprimer toute sa créativité. Derrière une simplicité trompeuse, ses animations en low-poly mettant en scène des squelettes malicieux, des canettes de Pepsi ou des liasses de dollars devant des fenêtres ouvertes réenchantent la banalité du quotidien grâce à l’art de la mise en scène numérique. En reprenant – et c’est là que c’est intéressant -, toujours le même pattern.
Là où d’autres verraient en cette économie de moyens une limite, l’Américain lui, y perçoit un terrain d’expression sans fin, un code visuel immédiatement reconnaissable. Une façon de marquer son époque.


La création d’un langage reconnaissable
Chez John Karel, la répétition n’est pas lassitude ; c’est une variation infinie sur un thème, une suite de fenêtres ouvertes sur l’écosystème Web3. Arrivé sur la plateforme NFT Hic et Nunc dès le tout début de son existence, il a d’ailleurs lui-même contribué à façonner toute une esthétique Web3, si bien que des centaines d’artistes ont composé leurs propres hommages à sa série de natures mortes, Windows. Devenue presque autoréférentiel, ce travail au long cours revient sans cesse aux mêmes éléments – carreaux de céramiques, rebords de fenêtres, objets pop -, bien que chaque interprétation semble unique, différente.
Car John Karel ne se contente pas de juste créer des images : il compose des mondes ouverts, de façon aussi littérale que métaphorique, grâce à des fenêtres centrales qui nous regardent tout autant que nous les regardons. Des mondes où l’art ressemble à un sourire complice, et où la technologie devient une porte vers l’infini. Des mondes invitant chacun, soit à le reconnaître, soit à s’en inspirer. Mais jamais à rester insensible.