Jusqu’au 19 avril prochain, le Goldsmiths CCA, à Londres, retrace l’histoire de Paper Tiger Television, ni vraiment chaîne commerciale, ni collectif de cinéma classique. Et si on tenait là les pionniers de la télévision alternative et de la critique des médias ?
Première exposition au Royaume-Uni consacrée à Paper Tiger Television (PTTV), It’s 8:30. Do you know where your brains are? rassemble plus de 40 émissions du collectif américain de production et de distribution vidéo fondé à New York en 1981 par DeeDee Halleck. Unique, le projet relève de l’expérience de contre-information, une boutique d’idées à ciel ouvert où artistes, activistes, théoriciens et amateurs visent à se rassembler pour analyser un texte ou un média, allant des magazines de mode aux journaux politiques. L’idée ? Promouvoir l’accès aux moyens de communication via la télévision publique.

Une histoire de la télévision
Le titre de l’exposition, It’s 8:30. Do you know where your brains are?, n’est pas anodin. C’est par cette phrase alarmiste, détournement de « savez-vous où sont vos enfants ? », que débute chaque épisode. Avec des décors bricolés, des backdrops peints à la main et une esthétique qui reconnaît son propre processus de fabrication, Paper Tiger TV retourne les codes du média qu’il interroge. Le projet ne se limite pas à la satire, mais questionne les structures de pouvoir derrière les images, en proposant des alternatives concrètes au modèle dominant. « Critiquer les médias de masse et dénoncer leurs abus est une chose. Créer des alternatives viables en est une autre, » résume Dee Dee Halleck sur le site de PTTV.
Reconnu pour son analyse critique et son humour grinçant, PTTV est également célébré pour son rôle de collectif pionnier dans le domaine de la création vidéo, à travers des projections, des expositions et des installations présentées dans des musées et des galeries du monde entier. Grâce à ses nombreuses archives, Paper Tiger Television permet aussi de dresser un portrait complet de l’évolution de la télévision, de son ambition grand public à l’art qui en découle, en passant par sa dimension militante et la réforme des médias.