Création spéciale présentée lors de la dernière édition de Paris Photo, l’installation générative de l’Américain Cole Sternberg transforme en fleurs les données numériques de différentes écoles internationales. Ou comment se servir de la connexion à Internet pour planter un jardin planétaire.
À l’occasion de Paris Photo 2025, une œuvre offre une respiration bienvenue parmi les stands du secteur digital. Dévoilée en avant-première mondiale sur le Balcon d’Honneur du Grand Palais, A Garden, création immersive de l’artiste américain Cole Sternberg, transforme la cartographie des écoles du monde entier en un écosystème numérique vivant. Derrière sa beauté algorithmique, l’installation porte une ambition immense : celle d’offrir une forme à l’espoir d’un Internet universel.
Projet porté par l’UNICEF et l’Union Internationale des Télécommunications, Giga, A Garden semble être guidé par un unique but : connecter chaque école à Internet. De quoi encourager Cole Sternberg à concevoir un dispositif poétique XXL dans lequel plus d’un million de compositions génératives évoluent, inspirées à la fois de la flore indigène et d’archives botaniques du XIXe siècle.


Faire fleurir la data
Mettant en lumière la fracture numérique des écoles, A Garden célèbre à la fois les établissements scolaires dont Internet fait partie du quotidien tout en n’oubliant pas de rappeler que tous ne sont pas connectés au réseau. Comment ? Grâce à la création d’un jardin féérique fait de motifs entrelacés.
Trois étapes rythment le projet : d’abord, une école est localisée, vérifiée et ancrée dans la blockchain GigaBlocks, faisant l’objet d’un algorithme personnalisé combinant les traces de navigation en ligne, la végétation locale et une collection de clichés botaniques datant du XIXᵉ siècle. Ensuite, si une école est couverte, elle évoluera d’un camaïeu de gris à des nuances chaleureuses orangées. Enfin, lorsqu’une école est connectée en ligne, ce sont toutes les couleurs de l’arc-en-ciel qui prennent place sur l’image.
Ce faisant, A Garden dépasse aujourd’hui la simple visualisation ; elle incarne la promesse d’un monde relié, où la connexion n’est plus un privilège mais un droit. Pour l’artiste visuel américain Cole Sternberg, formé à la interdisciplinarité (peinture, installation vidéo, texte, etc.), elle est aussi l’occasion de cultiver la vision d’un futur fertile, où chaque enfant, chaque voix, pourrait éclore à la lumière du savoir partagé.