Découverte lors de l’exposition Artificial Dreams, organisé au Grand Palais immersif cet été, Cat Eyes Shades, l’installation de Sam Balfus – alias BALFUA – met en scène les Slollas, des créatures métamorphes énigmatiques.
Dans les profondeurs mouvantes de Sayssiworld, vivent les Slollas, des créatures aussi fascinantes qu’étranges. Insaisissables, ils changent de forme au gré de leurs humeurs. Visage sans âge, ils glissent entre les représentations comme d’autres alternent les souffles. Un instant, ils sont l’ombre effilée d’un oiseau en vol ; l’instant d’après, une vague de lumière qui ondule dans l’air. Leur langage n’est pas fait de mots, mais de sons étincelants, nés de chacun de leurs mouvements. Chaque geste fait jaillir une note, chaque frémissement, un éclat sonore. Lequel semble ouvrir des portes invisibles.


À la recherche du fantastique
Présentés lors du second volet de l’exposition Artificial Dreams au Grand Palais Immersif, les Slollas sont nés de la rencontre entre images de synthèse et intelligence artificiel. Un mariage qui a permis à ces êtres mystiques de se transformer au fil des deux dernières années, portés par l’élan de nouveaux outils créatifs. Leur monde, à la fois secret et mouvant, s’emplit de murmures sonores et de mélodies tissées par l’artiste, qui mêle aux résonances électroniques la respiration chaude des instruments acoustiques. Une manière pour Sam Balfus de s’échapper du réel et d’offrir une brèche aux visiteurs en manque de rêve. « J’ai toujours été attiré par certaines couleurs et par certaines sensations magiques ou insondables, confie-t-il dans les colonnes de Red.Eye, Le Sayssiworld est un monde spirituel fantastique qui a évolué naturellement au fil du temps. Ses créatures, les Slollas, habitent cet espace. Elles ne ressemblent à rien de ce qui existe dans notre monde : elles possèdent leur propre langage et leurs mouvements créent de la musique. Je les ai placées loin des conceptions humaines, afin qu’elles puissent exister en tant qu’entités pures et sans filtre. »
Attiré par l’aspect sans limite du monde virtuel, ainsi que par les mythologies du Moyen Âge qui semblent fasciner tant d’artistes (lire le 56ème numéro de notre newsletter éditoriale), Sam Balfus poursuit : « L’un de mes aspects préférés de la communauté artistique en ligne est son interconnexion : on se croirait sur le Mont Olympe des artistes. Chaque artiste du monde numérique est un personnage mythique, reconnu pour son style unique. » En déployant ces espaces fantastiques, BALUFA permet aux amateurs d’art numérique de franchir un seuil : celui où la matière se délie, où le son devient lumière, où le regard se perd dans l’infini changeant de ce qui ne peut jamais être figé.