Jusqu’au 3 août 2025, la Fondation Beyeler, en Suisse, présente Little Room, une installation immersive aussi intrigante que dérangeante d’un américain ayant fait de la provocation un art en soi : Jordan Wolfson.
Little Room, la nouvelle installation VR de l’artiste américain Jordan Wolfson, se vit à deux. Regroupés par binômes, les visiteurs sont réunis dans un même espace impressionnant pour être scannés en trois dimensions, avant d’être immergés dans une pièce virtuelle au cœur de laquelle toute notion de perception est remise en question.

À la recherche de l’identité de l’homme numérique
Chaque participant, casque de VR vissé sur la tête, se découvre ainsi à travers le corps de l’autre, dans une sorte de « Freaky Friday » plus expérimental que jamais. Pour la Fondation Beyeler, qui accueille pour la première fois l’installation, il s’agit d’un « puissant témoignage de la pratique visionnaire de Jordan Wolfson et de sa quête incessante d’innovation à la croisée de l’art, de la technologie et du paysage moral complexe du monde actuel. »
Les équipes du musée suisse ne croient pas si bien dire. À la frontière entre réel, virtuel et imaginaire, le travail de l’Américain désoriente et redéfinit les contours de l’identité à une ère où celle-ci est de plus en plus questionnée. Car, si les réseaux sociaux nous incitent à proposer une version « améliorée » de nous-mêmes ; en ligne, plus aucune trace d’authenticité ou de vulnérabilité. En se découvrant dans le regard de l’autre, le visiteur interroge sa propre conscience de lui-même. Et s’expose à ce que Jordan Wolfson nomme « des distorsions physiques et spatiales de plus en plus étranges et déroutantes ». Tout un programme.