Présenté jusqu’au 21 février prochain à la galerie grecque The Breeder, le jeu vidéo spéculatif Telling The Bees de Kyriaki Goni souligne l’urgence du contexte climatique. Avec douceur et sensibilité.
Ayant donné son nom à l’exposition éponyme qui se déroule actuellement à la galerie The Breeder, l’une des plus emblématiques d’Athènes autour des arts numériques, Telling the Bees est une expérience à part entière. Dit autrement : il s’agit ici d’une installation multimédia composée d’objets sculpturaux, de dessins, de notes, de textiles, de son et d’artefacts rituels, ainsi que d’un jeu vidéo. Aussi immersif que ludique, celui-ci a notamment pour but d’éveiller les consciences en soulevant une question : que se passerait-il dans le monde si les abeilles venaient à disparaître ?

Un récit écologique
Pollinisatrices essentielles à la survie de l’humanité et à l’équilibre des écosystèmes, ces petites bêtes noires et jaunes sont en effet aujourd’hui menacées d’extinction. Afin de sensibiliser les visiteurs à ce sujet, Kyriaki Goni, qui s’intéresse depuis plus de dix ans à l’extractivisme et à l’impact environnemental des Big Tech, leur permet d’incarner virtuellement une apicultrice un peu particulière, celle-ci étant munie d’un ancien panier magique, le Smarologos, dans un monde que l’on devine futuriste. L’objectif ? Retrouver le dernier essaim d’abeilles et former une alliance avec lui.

Une alternative aux logiques de jeu dominantes
Officiellement en cours de développement, le jeu est pour le moment présenté comme une interface narrative, voire comme une installation vidéo. Seule constanten : son propos, pensé comme une alternative aux logiques vidéoludiques dominantes, à savoir la compétition et la violence. En incarnant l’apicultrice, le joueur peut ainsi explorer la symbolique de talismans et autres objets chargés d’histoire et d’émotion, comme des graines de fleurs sauvages à planter, des récipients en céramique ou des outils de protection.
Telling The Bees devient alors une aventure poétique, où l’attention et la bienveillance priment sur le désir de conquête habituel. Quant à la victoire, elle ne survient que lorsque les espèces dont il faut prendre soin s’épanouissent pour de bon, lorsque le dialogue entre l’Homme et la nature est enfin rétabli.