Du 20 novembre au 6 décembre 2025, sous le thème « In the Blink of an Eye », le festival Noor Riyadh a rassemblé une soixantaine d’œuvres signées par 59 artistes internationaux. Et achève de faire de la capitale saoudienne l’un des nouveaux fief de l’art contemporain.
Que pouvons-nous voir en un clin d’œil ? C’est la question qu’a récemment posé la dernière édition de Noor Riyadh, qui s’est achevée le 6 décembre dernier. « The Blink of an Eye – le clin d’œil – renvoie à la vitesse de la lumière, à la vitesse du temps, et nous rappelle que nous devons aussi regarder vers le Temps, avec un T majuscule », résume Mami Kataoka, directrice du Mori Art Museum de Tokyo et commissaire en chef invitée, au Quotidien de l’Art. Pour cela, les commissaires Sara Almutlaq et Li Zhenhua ont rassemblé 59 artistes venus d’Arabie Saoudite et d’ailleurs afin d’investir six espaces, allant des architectures futuristes de la cité du Golfe aux sites archéologiques les plus anciens de la ville. L’objectif ? Que chaque artiste puisse montrer sa propre interprétation de la lumière, si vaste sujet.

Trois découvertes marquantes
On en parlait dans le numéro 65 de notre newsletter éditoriale, le Noor Riyadh réunissait la crème de la crème de l’art numérique international. C’est pourtant moins de la présence de Yayoi Kusama, Drift, Julio Le Parc, James Turrell, Quayola ou encore Miguel Chevalier dont on a envie de parler que de la découverte A.A.Murakami, Obaid Alsafi et Karolina Halatek, dont chacune des variations nous a tapé dans l’œil. Le premier, duo basé entre Tokyo et Londres, présente l’installation The Passage of Ra : inspirée du passage quotidien de Ra, le dieu-soleil égyptien, celle-ci fait flotter et s’évanouir des anneaux de brouillard avant de les faire réapparaître de façon virtuelle, dans une sorte de mouvement perpétuel entre deux mondes. Lequel a notamment pour but d’inciter le spectateur à contempler la fugacité de l’existence.

Grande habituée de la manifestation saoudienne, Karolina Halatek continue quant à elle d’interroger la lumière comme immersion, non seulement visuelle, mais également corporelle et sensorielle. Avec Relic, 2023, l’artiste polonaise invite le spectateur à pénétrer dans des environnements lumineux sacralisant la solitude. Isolé dans un halo angélique, le visiteur entre ainsi dans un silence devenu espace, sans image, sans bruit. Ici, il n’y a pas de frontière entre l’extérieur et l’intérieur, juste une présence qui s’étend, à jamais.
Enfin, Obaid Alsafi, artiste saoudien, symbolise quant à lui l’ancrage local du festival et présente deux oeuvres : Carving The Future et Seven axes. L’une, installée dans le désert, interroge la mémoire et l’histoire géographique de son pays, ainsi que le lien entre la terre d’origine et la civilisation qui en a découlé – le tout, grâce à l’IA. L’autre, une œuvre interactive déclinant sept états de transformation, de la présence à l’absence, où chaque cercle marque une étape, permet aux mouvements du visiteur de recomposer une ville en constante mutation. En parfaite symbiose avec Riyad, donc, sur le point de devenir l’un des pôles les plus attractifs de l’art numérique.