L’art n’est plus une simple métaphore poétique, la science n’est plus le produit de calculs froids : avec la Platform Dalí, tout deux dansent ensemble.
« Salvador Dalí considérait le monde scientifique comme une source essentielle d’inspiration poétique et structurelle, et non comme une autorité distincte. Platform Dalí concrétise cette perspective en intégrant les artistes au cœur même du processus de production scientifique ». Tels sont les mots introductifs de Mónica Bello, directrice de Platform Dalí, commissaire d’exposition et historienne de l’art.
Articulée autour des quatre piliers qui ont guidé Salvador Dalí tout au long de sa vie – la matière, le temps, la vie et la lumière -, Plateform Dali est un programme de bourses et de résidences visant à faire dialoguer créateurs et institutions de recherche. Depuis le début d’année, artistes en résidence et chercheurs sont ainsi accueillis dans cinq centres scientifiques d’excellence de Barcelone (le BSC, l’ICFO, l’ICM-CSIC, l’IFAE et le PRBB). Au sein de ce labour créatif, des bourses de 18 mois alternent avec des résidences intensives en laboratoire, obligeant la pensée à se confronter aux rouages de la science. Un programme ambitieux dont la conclusion se fera en 2029 le temps d’une grande expositio.

Démocratiser à la fois l’art et la science
Déjà constituée, la première promotion compte parmi ses rangs Tania Candiani, qui explore les liens entre le son et la technologie ; Israel Galván, qui fait dialoguer danse et science ; George Mahashe, qui examine les systèmes de transmission des connaissances ou encore Taller Estampa – dont on a pu voir certaines œuvres lors de l’exposition Le monde selon l’IA au Jeu de Paume -, qui interroge les environnements numériques. Mais loin de travailler comme des savants fous ou des artistes reclus, les créateurs sont encouragés à privilégier l’interaction avec le public. En parallèle de ces résidences, un programme d’événements permet en effet de diffuser les résultats de ces collaborations auprès d’une audience plus large, afin de ne pas limiter la diffusion des connaissances produites aux murs de l’institution.
Preuve que Platform Dalí n’envisage son avenir qu’à travers la démocratisation de l’art et du savoir, l’organisation entend profiter du cycle 2027 pour publier des appels à projets ouverts à des praticiens moins spécialisés, ne serait-ce que pour inviter ces derniers à réfléchir autour des questions scientifiques, même lorsque cela n’est pas leur domaine d’expertise. Ou comment faire en sorte que chaque laboratoire devienne une scène, chaque œuvre, une expérience.