Une main tendue vers l’avenir et une promesse de protéger les artistes, le patrimoine et la création, tout en les accompagnant vers le numérique.
La rue de Valois envoie un signal fort. En nommant Mathieu Szeradzki, ancien directeur du bureau du régime économique de la presse et des métiers de l’information, au nouveau poste de « directeur de projet Intelligence artificielle », le Ministère affirme qu’il entend encadrer et orienter la création numérique. « Alors que les usages de l’IA se développent massivement, le directeur de projet Intelligence artificielle aura pour mission de garantir un développement éthique et souverain de l’IA au service des artistes, des publics et des professionnels de la culture, » précise un communiqué. C’est que, oui, l’intelligence artificielle, loin d’être un simple outil, peut aussi devenir le creuset d’une nouvelle forme de culture, si l’on sait mesurer ses promesses et ses risques.

Pour un meilleur encadrement
Cette annonce intervient après le lancement d’une « stratégie d’action pour une intelligence artificielle culturelle, responsable et souveraine », en juillet dernier. Une stratégie en cinq points axés sur la responsabilité des usages de l’IA, la garantie d’un modèle économique équitable, l’innovation dans l’art, la mobilisation de l’intelligence artificielle dans le secteur du patrimoine et le renforcement de l’efficacité de l’action publique, tous définis après la rédaction d’un rapport du Comité interministériel de l’intelligence artificielle générative envoyé au président de la République en mars dernier.
Auprès du secrétaire général du ministère de la Culture, Mathieu Szeradzki devra ainsi s’assurer du déploiement de l’IA, et aura pour mission de faire le lien entre différentes institutions, telles que l’administration centrale, les établissements publics, la DRAC et le SCN. Diplômé de Sciences Po Paris, de l’ESCP, et de l’ENA, l’ancien journaliste Mathieu Szeradzki a récemment été admis à suivre la session nationale 2025-2026 de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) en majeure Souveraineté numérique et cybersécurité. C’est simple : à travers cette nomination, le Ministère choisit d’embrasser l’IA… mais de la prendre par la main. Car, pour l’État, institutionnaliser les usages de l’intelligence artificielle, c’est offrir à l’IA un cadre. Reste maintenant à savoir si celui-ci peut avoir un réel impact.