Toujours plus présents au sein des musées et des grandes foires d’art contemporain, les artistes numériques ont-ils marqué l’année 2025 selon ArtReview ? Réponse.
À chaque début d’année, la revue spécialisée ArtReview publie son désormais célèbre « Power 100 », un classement des cent personnalités les plus influentes du monde de l’art, qu’il s’agisse d’artistes, mécènes, commissaires ou institutions En 2025, c’est l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama qui trône au sommet – une première pour un artiste africain – de cette liste pensée pour mettre en lumière les forces réelles et invisibles de la création contemporaine. Mais qu’en est-il de ces voix numériques, de celles qui façonnent des mondes de données et d’images, parfois en marge des circuits traditionnels ? Le célèbre média a-t-il fait une place pour elles dans son « top » tant attendu ?

Le numérique en bonne position
À première vue, la liste ne brille pas par son caractère novateur. Les matériaux sont souvent analogues du côté des artistes, quand les institutions récompensées sont majoritairement très classiques. Mais à y regarder de plus prêt, le numérique n’est pas absent. Loin de là. L’artiste singapourien Ho Tzu Nyen occupe par exemple la 5e place – une position remarquable, qui témoigne des implications conceptuelles de la création numérique dans le débat esthétique mondial. Et il n’est pas tout seul dans le top 10 : près de lui au sein de la sphère influente, Forensic Architecture, collectif d’enquête qui croise données, cartographies numériques et justice sociale, se niche à la 9e position.

Plus bas, la présence du duo engagé composé de Basel Abbas et Ruanne Abou-Rahme (23ème place), de Hito Steyerl (25ème place), et de Cao Fei (29ème place) dont les vidéos et essais numériques dissèquent le monde contemporain, impose la force d’une pensée numérique critique. À leurs côtés, Refik Anadol (41ème place), maître des architectures visuelles de données, rappelle que les nouvelles technologies peuvent aussi servir le grandiose, et pas uniquement la niche. Et doivent, désormais, être considérés comme des médiums à part entière. Le classement d’ArtReview en atteste : le numérique est plus que jamais une voix qui infuse, raisonne, perturbe, questionne. Quitte à gratter du terrain pour l’année prochaine dans un monde et des pratiques en perpétuelles évolutions.