« Premier contact » est une série de mini-portraits pensés comme des speed-meeting, des premiers points d’accroche avec de jeunes artistes et leurs univers si singuliers. Ce mois-ci, Fisheye Immersive s’intéresse à l’artiste interdisciplinaire québécois.e Emma Forgues, soutenu.e par la biennale Chroniques.
Un élément biographique
Originaire de Montréal/Tiohtià:ke, Emma Forgues est un-e artiste à l’image de sa ville natale : nourri.e d’influences diverses. Diplômé-e en Computation Arts de l’Université Concordia, où iel découvre les joies de l’interdisciplinarité, Emma Forgues fait se rencontrer la science, le corps physique et l’imaginaire au sein d’une pratique numérique qui privilégie le sensible, explore l’impact de la technologie sur le corps féminin, ainsi que les récits écologiques et techno-féministes qui l’entourent. Un travail à la croisée de l’installation, de la performance audiovisuelle et de la robotique douce qui bouscule les représentations.
Un projet
Si Emma Forgues réussit parfaitement à nous éblouir en solitaire, iel a également cofondé le trio « mesocosm » en 2021, aux côtés de l’artiste sonore Joël Lavoie et du créateur spécialisé dans les nouveaux médias, Philippe Vandal. Orchestrant des paysages audiovisuels mêlant synthèse modulaire, enregistrements de terrain et manipulation vidéo en temps réel, le collectif montréalais crée des écosystèmes autonomes, à la frontière du glitch, du bruit et de l’harmonie organique afin d’éclairer notre rapport à l’environnement et à l’altérité – voire même au numérique, purement et simplement. À noter que ce travail, aussi expérimental qu’immersif, a déjà séduit de nombreuses institutions locales, du préstigieux MUTEK à Elektra.


Un haut fait d’armes
Pour la troisième année consécutive, la Biennale Chroniques tente de tisser des liens toujours plus forts entre les scènes artistiques françaises et québécoises, et ce, même en dehors de ses années d’exposition, notamment grâce au programme « Résidences croisées France-Québec ». Un projet qui accueille, jusqu’en mars prochain, la Française Morgane Baffier au Canada et la Montréalaise Emma Forgues à Marseille. Cet-te dernier-e en profite notamment pour développer une recherche sur des prototypes interactifs, des formes tactiles et des scénographies immersives qui interrogent, en filigrane, les rituels du soin, du contrôle et de la norme. Une étape méditerranéenne bien ancrée dans sa pratique, où le geste, l’éthique et l’imaginaire s’emmêlent pour questionner nos façons d’être au monde.