Premier contact : Noah De Costa en 3 infos essentielles

17 septembre 2025   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Premier contact : Noah De Costa en 3 infos essentielles
© Noah De Costa

« Premier contact » est une série de mini-portraits pensés comme des speed-meeting, des premiers points d’accroche avec de jeunes artistes et leurs univers si singuliers. Ce mois-ci, Fisheye Immersive s’intéresse au photographe et artiste digital Noah De Costa, dont l’obsession semble être de réinventer l’univers des éditos mode.

Un élément biographique

Originaire de Cape Cod, dans le Massachusetts. Noah De Costa est un photographe qui associe son goût pour la mode et la science-fiction à son intérêt pour les nouvelles technologies. Utilisant des techniques mixtes, souvent puisées dans l’art numérique le plus innovant, voilà plusieurs années qu’il se pose une question : à quoi pourrait ressembler la race humaine si nous choisissions de l’hybrider avec une espèce extraterrestre avancée ? Une première interrogation qui lui permet de s’intéresser à la façon dont la société et l’histoire façonnent les normes de beauté. Et qui, inévitablement, en amène une seconde : serions nous considérés beaux si nous avions la peau blee ou des tentacules à la place des cheveux ?

Deux vielles dames aux origines latines posent devant l'objectif.
Oh Grandmother © Noah De Costa

En parallèle, Noah De Costa redéfinit les contours des pourtant très figés éditoriaux mode, toujours grâce à l’IA, en jouant avec des palettes de couleurs étonnantes ou en multipliant les modèles inattendus. À l’image de sa série Oh Grandmother, qui explore « les normes de beauté limitantes imposées aux femmes en vieillissant. » Le tout dans un style photographique reconnaissable entre mille, privilégiant la composition éditoriale et l’explication détaillée. Oeuvrant pour la pleine reconnaissance de la photographie digitale réalisée avec l’intelligence artificielle, l’artiste américain déclare : « C’est évident que c’est un artiste qui est « derrière les manettes » pour ainsi dire, et que la curation qui entre dans la sélection de l’image qui s’aligne sur son style n’est pas aussi intuitive que vous le pensez. Souvenez-vous que lorsqu’il a vu une première photo, le peintre français Paul Delaroche a dit : « À partir d’aujourd’hui, la peinture est morte » et heureusement il avait tort. Un nouveau médium était simplement né. »

Dans le désert, deux femmes portent un casque extraterrestre.
© Noah De Costa
Dans un style rétro, deux jeunes femmes portent un chapeau reproduisant le visage d'un extraterrestre.
© Noah De Costa

Une oeuvre

Réalisée dans le cadre du festival PhotoVogue 2023 à Milan, qui avait pour thème la beauté au temps de l’IA, sa série Eærth : 2223 fait cohabiter entités extraterrestres, êtres humains et nouvelles formes humanoïdes nées de cette hybridation des espèces. « Eærth 2223 montre l’humanité deux cents ans dans le futur, après avoir été colonisée par une civilisation extraterrestre avancée, détaille-il. L’humanité a embrassé ses nouveaux voisins et l’hybridation est devenue la norme. Grâce aux améliorations biotechnologiques, les humains sont devenus une société sans sexe qui cherche à vivre en harmonie avec elle-même et avec ses nouveaux débuts cosmiques. »

Résultat ? Des petits bonshommes verts prennent le métro quand les jeunes humaines adaptent leurs styles vestimentaires (chapeaux-OVNI et combinaisons spatiales) aux codes de ces oeuvres cinématographiques qui, dans les années 1980, s’amusaient à imaginer le devenir-extraterrestre, Ma prof est une extraterrestre (1989) et Xanadu (1980), notamment.

Dans un style rétro, deux jeunes femmes adoptent un look extraterrestre.
© Noah De Costa

Un haut fait d’arme

Rassemblant 40 artistes de 24 pays différents utilisant tous l’IA, le thème de la huitième édition de PhotoVogue 2023, qui a révélé Noah De Costa au monde entier, posait deux questions : « Qu’est-ce qui nous rend humain ? » et « Qu’est-ce que la beauté ? », l’idée étant d’inviter les créateurs à y répondre par le biais de leur médium. Une aubaine pour le jeune photographe américain qui a trouvé dans l’évènement une forme de légitimité à son travail et de reconnaissance à sa pratique, controversée comme tout ce qui est actuellement lié à l’intelligence artificielle. « Il y a eu beaucoup de débats autour de l’art généré par l’IA et de l’impact qu’il aura sur tous les médias artistiques, admet-il. Mais, en tant que personne qui a passé des mois à travailler avec le logiciel, je peux sincèrement affirmer que ce travail nécessite beaucoup plus que de « taper un prompt ». » Source de nombreuses inquiétudes et fantasme, l’IA n’est finalement qu’un outil permettant à Noah De Costa de donner vie à ses rêves les plus fous. Et, en un sens, de répondre aux questions les plus existentielles de notre monde.

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