« Premier contact » est une série de mini-portraits pensés comme des speed-meeting, des premiers points d’accroche avec de jeunes artistes et leurs univers si singuliers. Ce mois-ci, Fisheye Immersive s’intéresse à l’artiste numérique Teresa Manzo, qui inscrit la figure féminine dans une démarche esthétique héritée des surréalistes.
Un élément biographique
Sortie diplômée en graphisme de l’Académie des Beaux-Arts de Naples en 2017, l’artiste italienne Teresa Manzo se forme en parallèle, en autodidacte, à la création 3D. Depuis 2018, la jeune femme ne cesse de pousser sa pratique toujours plus loin pour donner vie à ses modèles féminin numériques, qu’elle pare de bijoux et autres maquillages fantasques. Digne héritière de la styliste surréaliste italienne Elsa Schiaparelli, Teresa Manzo imagine des éditoriaux entièrement digitaux, où la mode tient une grande place. Pas celle qui sert à nous habiller, non, mais celle sur laquelle on s’appuie pour exprimer notre fantaisie. L’idée ? Anticiper l’apparence de la femme post-humaine, les couvertures de Vogue en 2125, dans une direction artistique qu’elle qualifie elle-même de « langage visuel futuriste à la frontière entre mode, art et imagination numérique. »


Une oeuvre
Avec DECLARED, Teresa Manzo signe une série de portraits inspirée par les araignées et leurs toiles, qui interroge : que considérerons-nous comme beau dans dix, vingt ou cinquante ans ? L’artiste l’assume : avec ce projet, elle a souhaité imaginer « une identité spéculative exprimée à travers la mode, la coiffure et le design de bijoux dans un corps numérique. » Des gros plans sous aura aux détails vestimentaires, en passant par les accessoires et les sculptures capillaires, Teresa Manzo sort des carcans de la beauté traditionnelle afin de créer une matrice numérique où il est (enfin) possible d’oser.


Un haut fait d’arme
En 2022, Teresa Manzo est sélectionné pour la première exposition d’art NFT de Gucci, The Next 100 Years of Gucci. Aux côtés de 28 autres artistes, et de SuperRare, la créatrice est alors invitée à inaugurer l’espace expérimental en ligne Vault Art Space. Le projet ? Réinterpréter les codes de la maison italienne et les inscrire dans le futur. Alors que certains ont revisité les célèbres mocassins, ou se sont inspirsé de l’histoire de la maison, Teresa Manzo, elle, a profité de l’opportunité pour créer deux tenues complète reprenant le fameux monogramme Gucci, portée par son MODEL_AG47 : une jupe verte XXL largement accessoirisée, et une robe rose portée avec des bottes au motif serpent, l’un des emblèmes de la griffe.