Quel avenir pour les galeries d’art numérique ? Les curatrices répondent

Quel avenir pour les galeries d'art numérique ? Les curatrices répondent
© ArtVerse

D’un côté, Rachel Chicheportiche, fondatrice de la plateforme d’art digital DANAE. De l’autre, Grida Jang Hyewon, directrice de la galerie ArtVerse. À l’occasion de Paris Photo, où le numérique gagne chaque année du terrain, les deux curatrices avancent que le marché de l’art numérique se trouve actuellement à un moment charnière. Pourquoi ? Comment ? Explications.

On entend souvent dire que le marché de l’art est plutôt morose. Est-ce également le cas du secteur numérique ?

Grida Jang Hyewon : À première vue, le marché semble effectivement calme, mais je ne considère pas ça comme un déclin. Je le vois plutôt comme une croissance, accompagnée de difficultés. En médecine traditionnelle coréenne, il existe ce que l’on appelle le « myeonghyeon », une crise de guérison : les symptômes peuvent s’aggraver brièvement lorsque la guérison commence. L’art numérique traverse une phase similaire. Cette phase est incertaine et complexe, mais en son sein, la valeur se met en place.

Rachel Chicheportiche : Le marché de l’art numérique est à un moment charnière, loin d’être morose. On observe plutôt une phase de structuration… Les artistes, les institutions et les collectionneurs cherchent aujourd’hui à donner du sens à ce médium – à comprendre comment il s’intègre durablement dans l’écosystème de l’art contemporain. Chez DANAE, nous constatons un réel engouement pour des projets hybrides, où l’art numérique dialogue avec l’espace physique, le patrimoine et l’innovation technologique. C’est une période passionnante, exigeante, mais pleine de promesses.

Grida Jang Hyewon : Ce n’est pas le moment des vagues rapides, c’est le moment où la persévérance dans la pratique et la sincérité d’une communauté deviennent visibles. Au-delà de la vitesse apparente de la technologie, la question qui demeure est la suivante : avec quelle voix les œuvres d’aujourd’hui resteront-elles dans l’histoire de l’art à venir ? Je garde cette question au centre de mon travail.

Une jeune femme rousse dont le visage apparaît dans trois positions différentes sur une photo recouverte d'un motif floral.
Shavonne Wong © ArtVerse

Pensez-vous que séparer l’art numérique de l’art contemporain condamne les œuvres numériques à rester une niche au sein du marché ?

Rachel Chicheportiche : L’art numérique n’est pas une catégorie parallèle, c’est une extension naturelle de l’art contemporain. Les artistes qui travaillent avec la vidéo, l’intelligence artificielle ou la réalité augmentée ne s’inscrivent pas en marge du marché, ils en redéfinissent les contours. 

Grida Jang Hyewon : Peut-on décrire notre époque sans le numérique ? Les écrans, les réseaux, les algorithmes façonnent désormais notre pensée, nos sens, voire nos modes de relation. Le « numérique » n’est pas un simple format, c’est une grammaire qui permet d’exprimer le présent. Ce qui importe, ce n’est pas la frontière, mais la manière dont le regard et la sensibilité de chaque artiste se révèlent à travers cette grammaire. Profondément contemporaine, en effet.

Rachel Chicheportiche : Ce cloisonnement est surtout culturel : il tient à la lenteur des institutions et à la méfiance d’une partie du marché face à la technologie. C’est précisément le rôle d’acteurs comme DANAE d’aider à créer des passerelles entre ces mondes, en accompagnant les collectionneurs et en donnant de la visibilité à ces artistes dans des lieux légitimes – opéras, mairies, foires, galeries.

RachelChicheportiche
« Les artistes qui travaillent avec la vidéo, l’intelligence artificielle ou la réalité augmentée ne s’inscrivent pas en marge du marché, ils en redéfinissent les contours.  »
Collage numérique et dessiné de formes géométriques vertes et bleues.
Grant Yun © ArtVerse

Ces derniers mois, des galeries comme Art Girls ont délaissé le format physique et le célèbre White Cube pour proposer d’autres formes d’exposition. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de se réinventer dans un monde où le numérique est de plus en plus présent ?

Rachel Chicheportiche : À mon sens, le numérique ne remplace pas le réel – il l’augmente. Les expositions que nous présentons chez DANAE mêlent souvent œuvres physiques et œuvres digitales, afin de créer des ponts entre les médiums et d’inviter le public à expérimenter de nouvelles formes de regard. Il nous est même arrivé d’organiser des vernissages hybrides, à la fois physiques et simultanément accessibles dans le métavers. Ces approches permettent d’enrichir l’expérience, de documenter autrement les œuvres, et surtout de rendre l’art plus accessible et vivant. C’est notre manière de réinventer le format d’exposition, tout en restant fidèle à ce qui fait sa force : l’émotion esthétique et la rencontre humaine.

Grida, partagez-vous le même sentiment ?

Grida Jang Hyewon : Chaque fois qu’un nouveau média apparaît, l’art trouve un nouveau langage pour l’exprimer. La photographie, l’impressionnisme, les outils numériques… chacun nous a demandé d’adapter notre façon d’exposer et notre façon de regarder. L’art numérique n’est pas « prisonnier » d’un écran. Il joue avec la lumière et le son, avec l’espace et le mouvement, avec le corps du visiteur. C’est pourquoi je continue à tester l’URL vers l’IRL : le lieu où le souffle en ligne se mêle à l’air d’une pièce. Les images quittent l’écran pour les murs, les sols et l’air partagé ; à ce moment-là, l’art n’est plus une technologie, il devient une expérience des sens.

Si l’on remonte à l’origine du mot « galerie » – galeria en latin, galleria en italien -, il désignait à l’origine un long couloir intérieur, un passage voûté. Les gens empruntaient ce passage et regardaient. La vente est venue plus tard. En ce sens, l’art numérique nous ramène peut-être à la fonction originelle de la galerie : un lieu d’exposition et de transmission. Grâce aux nouvelles technologies, la galerie redevient un lieu accessible à tous, partout et à tout moment, plus perméable, plus démocratique.

GridaJangHyewon
« L’art numérique nous ramène peut-être à la fonction originelle de la galerie : un lieu d’exposition et de transmission.  »

Avez-vous un exemple en tête ?

Rachel Chicheportiche : Je dirais notre collaboration avec l’artiste japonais Kohei Nawa autour de la statue monumentale ETHER (Égalité), haute de 25 mètres, installée sur la pointe de l’île Seguin à Boulogne-Billancourt et lauréate du concours international initié par le Département des Hauts-de-Seine. Il s’agit d’une sculpture physique, ancrée dans l’espace public, dont l’expérience se prolonge grâce à une application en réalité augmentée, invitant les visiteurs à plonger dans un univers à la fois immersif, ludique et pédagogique. Cette dimension hybride – à la fois tangible et numérique – reflète notre conviction : l’art du XXIe siècle se joue précisément dans cette porosité entre le visible et l’invisible, le réel et le virtuel.

Sur la pointe de l’île Seguin à Boulogne-Billancourt, une sculpture métallique tout en hauteur est installée.
ETHER (Égalité) © Kohei Nawa

Paris est bien sûr une ville d’art et un pôle d’innovation incontournable, mais avez-vous néanmoins des modèles étrangers de référents ?

Rachel Chicheportiche : Chez DANAE, on regarde beaucoup ce qui se passe à Dubaï, qui est aujourd’hui l’un des pôles les plus dynamiques pour l’art numérique et les pratiques contemporaines liées à la technologie. La dernière édition d’Art Dubaï en est un exemple frappant : la section numérique a mis en lumière une scène internationale foisonnante, sous la direction du curateur Gonzalo Herrero Delicado. On suit également ce qu’il se passe à Londres, On y sent une énergie très libre, un désir d’expérimentation, et une réelle volonté d’ouverture vers le futur – c’est inspirant. Mais Paris a une carte unique à jouer : c’est une ville de narration, d’histoire, d’avant-garde intellectuelle. L’idée, pour nous, est précisément de faire de Paris une capitale mondiale de l’art numérique, en connectant les acteurs locaux aux réseaux internationaux.

De dos, un homme et une femme regardent depuis la fenêtre d'un musée un paysage en train de partir en fumée.
L’envers du décor © Louis-Paul Caron

De votre côté, Grida, j’imagine que l’ambition est de créer des connexions plus fortes entre Paris et la scène coréenne ?

Grida Jang Hyewon : Je vis à Paris en tant qu’étrangère coréenne, mon regard est donc double et immédiat. Paris est depuis longtemps un lieu d’expérimentation, de changement, de résistance et de création. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement la ville de la France, c’est une capitale culturelle où se côtoient de nombreuses langues et de nombreux peuples. Cette diversité fait écho à la portée de la culture numérique : les réseaux estompent les frontières, les villes abritent plusieurs époques à la fois.

Avec la force mondiale de la « Hallyu » (« la vague coréenne », en VF), vivant à l’étranger, je suis souvent inspiré par ma propre culture, mais à distance. La Corée est le pays de Nam June Paik, et les générations suivantes continuent de renouveler cette lignée à leur manière. Des entreprises comme Samsung et LG ont construit des écosystèmes matériels qui ont transformé des villes entières en écrans et en façades médiatiques. En grandissant dans un tel environnement, il est naturel d’effacer la frontière entre le numérique et l’art par l’expérimentation. Je me sens à la croisée de ces deux chemins, là où le dynamisme coréen rencontre la pensée réflexive européenne.

Collage de femmes coréennes chics en train de tenir des sacs et des produits de luxe.
Emi Kusano © ArtVerse

Qui dit galeries, dit aussi collectionneurs. Comment évaluez-vous l’intérêt de ces derniers pour l’art numérique ?

Grida Jang Hyewon : Il est naturel que l’art évolue avec l’ère numérique ; les collectionneurs suivent cette même tendance. Mais les pratiques de collection ne sont pas encore tout à fait au diapason. Dans les expositions, j’entends parfois : « Puis-je emporter tout l’écran chez moi ? » Je considère cela comme un bon signe, un signe que les œuvres numériques sont perçues comme de l’art réel et présent.

Rachel Chicheportiche : Il y a quelques années, l’art numérique pouvait susciter une certaine méfiance : manque de compréhension technique, peur de la volatilité, absence de cadre. Aujourd’hui, on observe une évolution : les collectionneurs cherchent à diversifier leurs acquisitions, à comprendre les technologies, et à soutenir des artistes qui travaillent avec les codes de leur époque. Notre rôle est de les accompagner dans cette transition, en apportant de la pédagogie, de la confiance, et une exigence curatoriale. 

Grida Jang Hyewon : Les études sur le comportement des visiteurs dans les musées indiquent souvent que le temps moyen passé à regarder une peinture est de quelques secondes, tandis que les contextes interactifs et numériques peuvent prolonger l’engagement à plusieurs minutes, selon la manière dont l’interaction, la disposition et les outils sont conçus. La question n’est donc pas « numérique = plus long », mais comment nous concevons la rencontre.

RachelChicheportiche
« Les collectionneurs cherchent à diversifier leurs acquisitions, à comprendre les technologies, et à soutenir des artistes qui travaillent avec les codes de leur époque.  »
Dessin numérique d'une femme asiatique joignant ses deux mains avec un fond rouge derrière elle.
Genesis Kai © ArtVerse

Quelles solutions se présentent à vous afin de faire en sorte que les échanges avec les collectionneurs soient facilités ?

Grida Jang Hyewon : Pour que l’intérêt se transforme en appropriation et en mécénat, je pense que nous avons besoin de trois passerelles simples. Un : une chaîne sans friction entre la visualisation, l’acquisition, la conservation et l’exposition. Deux : des expériences d’exposition standardisées à la maison, au bureau et dans les espaces publics. Trois : des politiques claires en matière de garantie, de mises à niveau et de revente. À mesure que ces couches se stabilisent, collectionner deviendra un verbe plus naturel.

Qui des NFTs dans tout cela ? Puisqu’ils restent au cœur de votre pratique, comment percevez-vous leur pertinence et leur attrait auprès du grand public quatre ans après leur essor médiatique ?

Grida Jang Hyewon : Les opinions divergent. Je considère les NFTs comme un dispositif qui prouve et gère techniquement la provenance, la propriété et les éditions des œuvres d’art numériques. Alors quand on me demande : « Les NFT sont-ils un genre ? », je secoue la tête. Ce n’est pas un genre, mais une fonction, une couche de preuve, un protocole.

Une grande partie de la confusion vient de l’expression « art NFT ». On ne dit généralement pas « art à l’huile » ou « art à l’aquarelle » ; on dit « une peinture à l’huile », « une aquarelle » : on nomme le médium en tant que médium, et non en tant qu’art en soi. De la même manière, un NFT n’est pas un médium. Il est plus précis de parler d’« œuvre numérique émise sous forme de NFT » ou d’« œuvre dont les éditions et la propriété sont gérées sur la chaîne ».

GridaJangHyewon
« NFT, ce n’est pas un genre, mais une fonction, une couche de preuve, un protocole. »
Dans une esthétique pixelisée en noir et blanc, cinq personnes se trouvent sous un étrange nuage.
Beyond The Code © Lionel Bayol-Thémines/DANAE

Très bien, mais quel est l’avenir pour cette technologie ?

Rachel Chicheportiche : L’époque du « buzz » est derrière nous, et c’est tant mieux : cela nous permet d’aborder cette technologie avec davantage de recul et de maturité. L’avenir des NFTs s’inscrit dans celui de tous les outils innovants qui facilitent les transactions et garantissent la traçabilité grâce à leur caractère inaliénable. Les artistes numériques ont certainement de belles années devant eux et avec eux la certification NFT, une œuvre de qualité se distingue par des caractéristiques artistiques et non technologiques. En ce sens, les NFTs n’ont pas d’avenir en eux-mêmes, ils suivent celui des artistes et de leurs œuvres.

Grida Jang Hyewon : Oui, il y a eu un engouement et une effervescence. Ce qui reste est plus clair : une provenance transparente, une gestion standardisée des éditions et des droits de propriété, et un lien plus rapide entre les artistes, les collectionneurs et les institutions. Surtout, les NFTs ont permis à l’art numérique de toucher un public plus large et ont accéléré le développement d’un langage pratique autour des expositions, de la conservation, de la présentation et des marchés secondaires. En bref, les NFTs s’imposent comme une fonction spécifique dans le domaine plus large de l’art numérique, tout comme l’aquarelle et l’acrylique s’imposent comme des matériaux différents dans l’art physique. Le boom est passé, mais l’outil utile demeure, et avec lui, la scène où l’art continue d’apprendre le langage de son époque.

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