La vidéaste sicilienne Rosa Barba est devenue la 19e lauréate du prestigieux Zurich Art Prize. Elle est la première Italienne à remporter ce prix, l’un des mieux doté du continent, et reçoit ainsi l’équivalent de 138 000 euros.
Décerné depuis 2007 par le Museum Haus Konstruktiv, le Zurich Art Prize récompense chaque année une pratique artistique qui allie « l’héritage culturel de l’art constructiviste-concret et conceptuel aux tendances contemporaines. » Tout un programme, donc, assez exigent, a notamment mis du respect sur les noms de Carsten Nicolai, Mai-Thu Perret ou encore Kapwani Kiwanga. Un an après avoir mis à l’honneur le sculpteur brésilien Arthur Lescher, c’est au tour de l’artiste vidéo Rosa Barba d’être mise en valeur. Avec, en prime, une belle cagnotte et la possibilité de créer sa propre exposition.

Une artiste de son temps
Née à Agrigente, en Sicile, en 1972, Rosa Barba quitte ensuite l’Italie pour la Kunsthochschule für Medien de Cologne, avant de s’installer à Berlin, où elle vit et travaille aujourd’hui. Lauréate du Calder Prize en 2020, elle a également été artiste en résidence à la Rijksakademie d’Amsterdam et à la Fondation Chinati de Marfa, au Texas. Depuis 2023, elle est professeure d’art dans l’espace et le temps au département d’architecture de l’ETH Zurich.
Au-delà de ce CV impeccable, apte à satisfaire les wikipédistas, Rosa Barba est surtout célèbre pour ses installations conceptuelles, où elle convoque régulièrement le cinéma, les volumes et le son dans l’idée de questionner les limites entre le temps et l’espace, notamment via les rapports qu’entretiennent les hommes avec leur environnement. De quoi séduire les membres du jury du Zurich Art Prize. « L’œuvre de Rosa Barba oscille entre cinéma, sculpture et installation, où les frontières sont toujours floues », résume le communiqué du prix.

Privilégier l’optimisme
Récemment, Rosa Barba a également présenté l’exposition The Ocean of One’s Pause au MoMa, à New-York, qui revenait sur ses quinze ans de carrière. L’occasion pour l’artiste de présenter une nouvelle commande, baptisée Charge, étudiant la lumière comme catalyseur du changement écologique et de l’innovation scientifique. Consciente des enjeux que soulèvent notre époque, notamment sur les plans philosophiques et existentiels, Rosa Barba se distingue toutefois par un optimisme sans faille. Dans un entretien au Brooklyn Rail en juin dernier, elle confiait ne pas être la seule à adopter une telle approche. « En tant qu’êtres humains, nous sommes animés par le désir d’un avenir meilleur. Je ne veux pas abandonner cet espoir. Je crois qu’il existe des moyens de changer les choses, de les transformer. Il suffit d’adopter une perspective différente pour que de nouvelles idées surgissent, et avec elles, une nouvelle énergie, un nouveau potentiel. »