Non, ce n’est pas le teaser d’un énième épisode de la Guerre des Étoiles. Signés Jenny Holzer, ces textes projetés dans le ciel de Doha ont donné le La à la dernière édition d’Art Basel Qatar, dans un geste aussi poétique que spectaculaire.
Le 3 février, le Musée d’art islamique de Doha s’est complètement métamorphosé sous la houlette de l’artiste emblématique de l’art conceptuel, Jenny Holzer, qui a réalisé une intervention surprise à la veille de l’ouverture de évènement, dans un style fidèle à ce que l’on sait de l’Américaine, passionnée par les installations monumentales et l’interaction avec les bâtiments singuliers. Dixième projet du programme « Projets spéciaux » d’Art Basel Qatar, cette performance commandée par la manifestation, intitulée SONG, a fait danser les lettres entre la pierre et les nuages. Littéralement.
Une chorégraphie céleste et poétique
Tandis que le ciel s’assombrissait, plus de 700 drones ont pris leur envol, ourlant de lumière les vers choisis de Mahmoud Darwish et de Nujoom Alghanem, projetés en arabe et en anglais sur la façade et dans la cour du musée. Faisant trembler d’émotion la nuit dohaïte.
Dévoilées à 21 h 35 précises, les arabesques lumineuses ont tracé leur chemin dans le ciel durant une quinzaine de minutes, offrant un dialogue entre architecture et écriture, capturé par des milliers de regards ébahis. Poésie devenue lumière, langage suspendu au-dessus de l’eau du Golfe, murmure permanent jusqu’au petit matin, cette œuvre inaugurale a posé les jalons d’une édition qui s’est présentée comme une exploration des possibles entre l’art, l’espace public, la technologie et l’émotion collective. SONG, c’est exactement ça : une double prouesse – artistique et technologique – offerte au regard de tous.