Au cœur de l’Atomium, à Bruxelles, Romain Tardy présente jusqu’à la fin de l’année une installation immersive faite de miroirs, de modules LED et d’expérimentations sonores. Une réussite !
Autant influencé par les travaux de Sol LeWitt que par les projets dématérialisés de Rafaël Rozendaal ou Jon Rafman, Romain Tardy ne cesse depuis une vingtaine d’année d’explorer la manière dont les nouvelles technologies agissent sur notre intimité. Le tout, avec la volonté d’être au plus près des évolutions propres à chaque époque. Sans doute est-ce pour cela que ses œuvres se vivent avant tout comme des expériences physiques, immersives. Sans doute aussi est-ce pour cela que ses installations ne trouvent leur pleine mesure qu’en présence de spectateurs.
C’est en tout cas ce que laisse à penser sa dernière création, Supply Chain, pensée pour transformer l’Atomium, à Bruxelles, en un lieu poétique, en mouvement, au sein duquel les miroirs et les modules LED encouragent chacun à interroger les liens qui sous-tendent la technologie et notre relation à la matérialité – une des grandes obsessions de l’ancien membre du collectif AntiVJ.


Une installation qui résonne avec notre monde technologique
Tout l’enjeu de Supply Chain a donc été d’entamer un dialogue avec les structures de l’Atomium, de jouer avec les infrastructures, matérielles ou invisibles, de mêler dans un même geste les effets de lumière et le design sonore, imaginé ici par l’artiste bruxellois Le Motel, collaborateur de plusieurs artistes locaux (Roméo Elvis, Yellowstraps) et compositeur pour le cinéma. Rien de plus logique, finalement, de la part d’un artiste qui souhaite en permanence réadapter ses œuvres à l’état du monde technologique dans lequel nous vivons. Ou, pour reprendre les mots qu’il tenait dans une interview pour Fisheye datée de 2016, « faire comprendre à chacun que le numérique et le physique ne forment pas deux mondes distincts, mais bien un tout ».