Dix artistes de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’emparent de la Friche la Belle de Mai, aux côtés de deux locaux, le temps d’une exposition éclairant les enjeux climatiques et politiques actuels. À découvrir jusqu’au 28 septembre.
Rassemblés sous le terme « Tipping Point », désignant un point de bascule ou un seuil critique, dix artistes de la scène belge francophone, ainsi que deux artistes marseillaises, questionnent le sentiment partagé par toute une génération : celui d’avoir atteint un point de non retour, qu’il soit climatique, social, politique, économique. Une anxiété généralisée qui, si elle pollue le quotidien de bien des individus, nourrit la créativité des artistes ; lesquels proposent ici une exposition aussi visuelle que conceptuelle, qui nous pousse à réfléchir sur l’état de notre monde.

La rencontre de deux écoles
La Friche Belle de Mai constitue alors un espace d’échanges privilégié, où se croisent deux territoires que tout semble opposer, mais qui se rejoignent par leur vision avant-gardiste et commune de l’art. Ainsi les œuvres de Stephan Balleux, Maëlle Dufour, Eva L’Hoest, Gérard Meurant, Sabrina Montiel-Soto, mountaincutters, Stéphanie Roland, Jonathan Sullam ou encore d’Anna Safiatou Touré et Emmanuel Van der Auwera dressent le portrait critique d’une société malade, et incarnent une présence froide, à l’image de l’Humanité, face aux bouleversements qui secouent la planète – confrontés à un monde qui semble nous échapper, tous et toutes saisissent, consciemment ou non, l’essence de cette transition, tout en dessinant de nouvelles voies possibles à travers la pluralité de leurs pratiques.

L’art numérique bien représenté
Initié par l’ISELP et le Botanique, à Bruxelles, en partenariat avec Fræme, structure marseillaise dédiée à la production et à la diffusion de l’art contemporain, le projet s’appuie aussi bien sur des plasticiens qui font parler la matière que sur d’autres qui préfèrent s’immiscer dans le virtuel pour mieux parler du réel. C’est notamment le cas d’Eva L’Hoest, qui fait de l’art numérique un terrain fertile à ses réflexions autour de la fiabilité des technologies, mais aussi de Stéphanie Roland, artiste expérimentale dont la poésie a déjà séduit la rédaction de Fisheye Immersive, ou encore d’Emmanuel van der Auwera, dont les sculptures vidéos nous avaient éblouies l’année dernière lors de l’exposition « 25 Arts Seconde : Soluble & Simulacrum du Centre Wallonie-Bruxelles, également partenaire de Tripping Point. C’est dire l’exigence de cette exposition, défricheuse et stimulante.
- Tipping Point, jusqu’au 28.09, Friche de la Belle de Mai, Marseille.