Un été au Havre : découvrez la ville qui n’existait pas imaginée par Grégory Chatonsky

19 juillet 2024   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Un été au Havre : découvrez la ville qui n'existait pas imaginée par Grégory Chatonsky
“La ville qui n’existait pas” ©Grégory Chatonsky

Tous les étés, Le Havre nous invite à venir passer du temps dans ses rues, et à contempler les oeuvres d’art de son événement annuel, justement nommé « Un été au Havre ». Déjà présent en 2023, Grégory Chatonsky profite de cette nouvelle édition pour présenter le second volet d’un projet de grande envergure, encourageant chaque touriste à se balader dans une ville qui n’existe pas…

Signé Grégory Chatonsky, le projet de La ville qui n’existait pas se découvre en trois actes. Un premier, visible sur les murs de la ville portuaire depuis 2023, met en scène 25 impressions numériques géantes disséminées sur différentes façades de bâtiments sociaux Alcéane, établis dans plusieurs quartiers du Havre. Un projet d’art urbain XXL qui s’est également accompagné d’une distribution de 25 000 cartes postales uniques, générées grâce à l’intelligence artificielle.

Intitulé Les espaces latents, ce premier épisode inaugure l’utopie imaginée par Grégory Chatonsky, qui se base sur l’histoire si particulière du Havre, détruit en septembre 1944 puis reconstruit de manière planifiée entre 1945 et 1964 par Auguste Perret. En associant archives photographiques, documents administratifs et projections futuristes rendues possibles par l’IA, l’artiste français, 53 ans, rassemble le passé, le présent et l’avenir d’une ville totalement réinventée. Ou du moins, réimaginée.

Une terre désolée se tient au premier plan de bâtiment à l'architecture typique des années 1970-1980, désormais dans l'eau.
La ville qui n’existait pas ©Grégory Chatonsky

Bons baisers du Havre

Deuxième étape : la mise en volume des espaces fictifs rendus possibles grâce à l’IA. Sur le boulevard François 1er, près de la digue nord, à l’ouest du quai Frissard et aux pieds du théâtre de l’Hôtel de Ville, de drôles de petits monts violets connectent la dernière édition de l’événement avec la nouvelle en matérialisant grâce à l’impression 3D dans l’espace réel les formes que l’on découvrait sur les 25 000 cartes postales distribuées en 2023.

Jusqu’au-boutiste, Grégory Chatonsky investit également le MuMa dans le prolongement de l’exposition Photographier en Normandie présentée dans le cadre de l’évènement Normandie Impressionniste. Ici, les cartes postales prennent vie d’une nouvelle manière, grâce à la voix de l’artiste, synthétisée par une intelligence artificielle décrivant chacune des images distribuées l’année dernière.

Sur le port du Havre, les volumes violets de Grégory Chatonsky pensés à l'aide l'IA et créés via l'impression 3D.
La ville qui n’existait pas ©Grégory Chatonsky

Enfin, le plasticien a également imaginé un film d’animation réalisé à l’aide d’une IA pour mettre en mouvement les scènes des cartes postales. Et pour conclure cet épisode, 25 000 nouvelles cartes postales uniques et numérotées sont appelées à circuler cet été, sur lesquelles il est enfin possible de voir le visage des habitants de cette « ville qui n’existait pas ». Tous, évidemment, sont générés par l’intelligence artificielle, dont Grégory Chatonsky s’est fait maître depuis plus de quinze ans.

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