Sans lever le rideau, et grâce à l’artiste vidéaste Étienne Guiol, l’Opéra de Nice prouve qu’il reste un lieu d’émerveillement, peu importe le spectacle qui s’y déroule. Celui-ci n’a qu’une intention : « réinventer la manière de vivre l’opéra ». Pari réussi ?
Cet été, l’Opéra de Nice se dévoile autrement. Plus sensoriel que solennel, plus immersif que majestueux, l’édifice accueille en son sein un véritable tableau vivant, une expérience lumineuse où l’image et la musique fusionnent pour offrir au spectateur une rêverie à 360°. Un voyage inédit à la croisée des arts et de la performance numérique signé de l’artiste vidéaste Etienne Guiol, à découvrir du 5 juillet au 31 août 2025.

Une autre idée de l’opéra
Il y a des lieux où le silence s’impose. Et puis il y a des lieux qui chuchotent à l’oreille du visiteur pour lui raconter leur histoire, sans récitatif, ni costume. Cet été, l’Opéra de Nice devient l’un de ces espaces magiques dans lequel, pendant 45 minutes, le spectateur se voit convié à une promenade visuelle et sonore, dans un décor grandiose de vidéo-mapping. De l’aube à la nuit, du silence aux grandes voix, du mystère à la lumière : une journée entière s’y déroule, dans une boucle enchantée.
Tout commence par un réveil. Celui des neuf muses peintes au plafond, qui s’animent doucement avant d’entraîner le visiteur dans leur monde. Ici, pas de chef d’orchestre, mais un chef d’images : Etienne Guiol, qui nous avait déjà ébloui lors des Jeux Olympiques de Paris. Pas de ténor, mais des harmonies classiques portées par un souffle narratif. Dans cette expérience immersive, chaque salle, chaque mur, chaque colonne devient un support d’expression où défilent couleurs, visages et autres constellations. L’architecture se met en mouvement, et l’émotion prend forme, sans qu’un mot ne soit prononcé.

Une rêverie accessible à tous
Pensée pour tous les publics, qu’ils soient coutumiers du lieu ou néophyte, cette plongée dans l’univers lyrique mise sur la sensation plus que sur la connaissance. On vous rassure : pas besoin de connaître Puccini ou Haendel pour se laisser embarquer ! Dans une sorte de sieste visuelle, presque méditative, on découvre un monde à la croisée des arts plastiques, de la musique classique et du numérique. Et on apprécie la métamorphose d’un bâtiment historique qui se réinvente pour devenir une cathédrale audiovisuelle. Sans prétention, dans une démarche qui tient moins de l’opportunisme que d’une ouverture d’esprit et d’une volonté de réunir autrement les familles.
- Une journée à l’opéra, Étienne Guiol, Opéra de Nice.