Comme chaque année, la sélection Venice Immersive se révèle particulièrement dense. Alors, entre une immersion dans les coulisses d’un génie de la pop music, un thriller policier et des œuvres concernées par le dérèglement climatique, que choisir ? Voici un tour d’horizon des films en compétition les plus attendus par Fisheye Immersive.

Bowie : Unseen | Unheard, de Denis O’Regan, Nick Ryan et Joe Crossley
Photographe de David Bowie durant plus de deux décennies, Denis O’Regan a réalisé plus de 800 clichés de celui qui n’a eu de cesse de se réinventer, sous les traits de Ziggy Stardust, d’Aladdin Sane, du Thin White Duke, etc. Qui mieux que lui pouvait donc s’appuyer sur des archives XXL afin de raconter autrement l’intimité d’un artiste qui n’en finit pas de fasciner – l’actuelle exposition immersive You Are Not Alone, au Lightroom de Londres, en atteste. Aux côtés Nick Ryan et Joe Crossley, et au rythme d’une bande-son conçue via la technologie spatiale L-ISA de L-Acoustics, Denis O’Regan parvient ainsi avec Bowie : Unseen | Unheard à restituer l’émotion et l’atmosphère de cette centaine de clichés devenus si précieux.

Little Nightmares VR : Altered Echoes, de Lucas Roussel
Le jeu culte du studio Bandai Namco quitte enfin l’écran plat. Sous la direction de Lucas Roussel, cette adaptation en réalité virtuelle plonge le joueur dans la peau de Dark Six, une inquiétante fillette égarée, que l’on fait naviguer entre diverses énigmes tordues et presque autant de géants menaçants. Reste à savoir si l’angoisse feutrée de la licence survira au passage à la première personne. Un pari risqué, mais n’est-ce pas là aussi un terrain de jeu rêvé pour quiconque entend explorer le genre horrifique en VR ?

Crafting Crimes, de Chloé Rochereuil
Cette série de podcasts interactifs invite à reconstituer de célèbres affaires criminelles façon maquette miniature. Pour cette édition vénitienne, Chloé Rochereuil s’attaque à l’un des vols d’art les plus retentissants de l’Histoire : la disparition de la Joconde du Salon Carré du Louvre, en 1911. Aucune alarme, aucune trace, deux années de mystère absolu… et une vérité qui n’a jamais vraiment quitté Paris. De quoi transformer le public en détective d’un jour, une manette plutôt qu’une loupe entre les mains.

The White Saboteur, de Barthélémy Antoine-Loeff et Hugo Arcier
Barthélémy Antoine-Loeff et Hugo Arcier signent une installation évolutive dans laquelle le simple regard du visiteur suffit à faire fondre des icebergs, laissant au suivant un paysage déjà abîmé. Résultat ? Personne ne traverse tout à fait le même monde. Miroir tendu à notre appétit de consommation – celle des ressources comme celle des technologies -, l’œuvre interroge nos habitudes, même les plus anodines : peut-on regarder sans détruire ?

Solwata, de Felix Gaedtke et Gayatri Parameswaran
Racontée par l’acteur Mark Ruffalo, cette installation en réalité mixte de Felix Gaedtke et Gayatri Parameswaran documente la montée des eaux dans les îles Salomon. Vidéo 360°, splats gaussiens et animations 3D se combinent pour suivre Martha, Francis et Lawrence, qui luttent pour préserver leur foyer face à une relocalisation programmée. Coproduite avec l’organisation Human Rights Watch, l’expérience transforme la menace abstraite (pour certains) du changement climatique en une perte tangible. C’est bien là l’essentiel.