68 oeuvres, 26 pays, et une île. Du 2 au 12 septembre 2026, la dixième édition de Venice Immersive revient prendre le pouls d’une scène toujours plus ambitieuse, visiblement plus attentive aux enjeux narratifs. Bonne nouvelle : les productions françaises y sont très bien représentées.
Chaque année, début septembre, le Lazzaretto Vecchio quitte son silence historique pour devenir, le temps d’une dizaine de jours, l’épicentre internationale des histoires que l’on découvre casque VR sur la tête. En attendant la rentrée, forcément excitante, la Monstra de Venise a eu la bonne idée d’annoncer la sélection de sa section Immersive, qui souffle cette année sa dixième bougie.
Un anniversaire fêté en grande pompe, avec 30 œuvres en compétition, 35 hors compétition et 3 issues du programme Biennale College Cinema, toutes à l’intersection de l’installation, des mondes virtuels et des expériences en réalité mixte. Cette diversité et cette profusion d’œuvres n’ont rien d’anodin : elles permettent à l’évènement italien d’asseoir son statut de pionnier ; intention confirmée par la grande nouveauté de l’année : l’introduction des lunettes connectées, portées notamment par Nevatars d’Andy Serkis et Explore Galapagos, tous deux pensés pour les Project Aura de Google et Xreal. Le casque est-il condamné à disparaître ? La question, c’est certain, devrait traverser une partie du programme 2026.

L’omniprésence des productions françaises
La bonne nouvelle, c’est que la création française ne compte pas faire de figuration au sein de cette compétition internationale ! Cette année, ce sont en effet pas moins de sept oeuvres tricolores (co-production comprises) qui se disputent le fameux Lion Immersif : Artou d’Abderrahmane Sissako, coproduction franco-mauritano-luxembourgeoise ; Outrenoir de Gordon (développé par Lucid Realities et pensé en hommage à Pierre Soulages) ; Yesterday Maybe de Matthieu Van Eeckhout ; Everest: The First Ascent de Jean Dellac et Benjamin Auriche ; Sunset Motel du chorégraphe suisse Gilles Jobin, coproduit avec la France ; Eyes of Shame et Amsterdam 1652, montées avec des partenaires lituaniens, croates et néerlandais.
Hors compétition, la main-mise française se confirme. Little Nightmares VR: Altered Echoes de Lucas Roussel et Spymaster de Jeremy Moirano défendent la catégorie Best of Experiences, aux côtés de Crafting Crimes de Chloé Rochereuil et de la coproduction franco-allemande The Amusement. Le programme Biennale College Cinema, pépinière historique de la section immersive, accueille de son côté The White Saboteur, signé Barthélemy Antoine-Loeff et Hugo Arcier. En tout, ce sont donc une douzaine de projets « made in France » qui tenteront de se distinguer parmi les 68 présentés, et décrocher ainsi l’une des trois fameuses récompenses : Grand Prix, Prix spécial du jury ou Prix Achievement. Réponse début septembre.