Bientôt présentée au Frac Sud – Cité de l’art contemporain, l’œuvre vidéo de Lieko Shiga s’intéresse au processus de reconstruction auquel les habitants de la région se trouvent confrontés depuis 2011.
Lieko Shiga ancre son travail dans le vécu. Photographe installée dans la région de Fukushima depuis 2008, la Japonaise tisse ses images à partir de récits locaux, de mythes et de souvenirs collectés auprès de ses voisins, à la recherche de ce qu’elle nomme « l’éternel présent ». Soit un temps suspendu entre passé et futur, à l’image de ses photographies, qui évoquent un espace crépusculaire où le réel frôle l’invisible. Inévitablement, cette démarche sous-tend le propos de son dernier projet When the Wind Blows, qui prolonge ses différentes obsessions et les traduit au sein d’une œuvre vidéo où marcher devient une métaphore de l’après-catastrophe, un pas vers ce qui reste à dire et à comprendre.

La poésie du réel
Sur le littoral de Fukushima, les vagues chuchotent encore après le tsunami et l’accident nucléaire de 2011. Une houle chargée d’histoire que longent les protagonistes de l’installation vidéo de Leiko Shiga, marchant, parfois les yeux fermés, au bord des digues érigées après le désastre, au son d’une voix chargée d’appuyer la tension dramatique : « Nous marchons sur une longue route, construite à la frontière entre mer et terre, et un vent violent nous traverse. »
Qui guide qui ? Que voit-on quand on croit fermer les yeux ? When the Wind Blows, pensé comme un film sans réelle conclusion, transforme la marche en rituel de mémoire, réinterprétant la succession de projets de reconstruction comme un mouvement humain fondamental, simple et profond.