Alors qu’Art Paris vient de fermer ses portes chez nous, du côté de Miami, Art Basel s’apprête à ouvrir les siennes. Avec cette année, une petite nouveauté : le lancement de Zero 10, une plateforme dédiée à l’art de l’ère numérique.
Du 5 au 7 décembre prochain, l’événement le plus ensoleillé d’Art Basel revient en Floride. L’occasion de partager ses journées entre œuvres d’art et balades sous les palmiers, sans jamais perdre de vue l’innovation prônée chaque année par les organisateurs. La dernière en date ? La création d’une initiative inédite consacrée à l’art digital, pensée par Art Basel avec le soutien officiel de OpenSea : celle-ci affirme que l’art numérique n’est plus à la marge et qu’il est, au contraire, capable de transformer les modes de création, de diffusion et de collection.
Baptisé Zero 10, le nom de cette initiative fait écho à l’exposition historique 0,10 de Kazimir Malevich (1915), manifeste de l’avant-garde qui posa les jalons d’un langage artistique neuf. De la même manière, Zero 10 se revendique comme un point de départ pour l’art numérique au cœur de l’écosystème d’un grand salon international, à l’envergure incomparable. Curatée par Eli Scheinman, cette première édition regroupe douze galeries, studios, artistes et collectifs parmi les plus actifs du secteur numérique, à l’image d’Art Blocks, Beeple Studios ou encore la Pace Gallery. Côté création, on y retrouve également une présentation inédite de l’artiste Lu Yang, exposée en collaboration avec la collection d’art UBS, principal partenaire mondial d’Art Basel.

Un nouveau territoire pour l’art digital
L’enjeu de Zero 10 ? Marier l’expérimentation plastique du code, des algorithmes ou de la robotique aux médias immersifs, tout en bénéficiant de la visibilité et de la légitimité dont bénéficie Art Basel. « L’art numérique fait désormais partie intégrante de l’évolution en temps réel de l’art et du marché, déclare Noah Horowitz, PDG d’Art Basel, à Now Media. Avec Zero 10, nous créons une plateforme qui offre des résultats concrets aux artistes émergents et confirmés, aux galeries, aux collectionneurs, aux institutions et aux entrepreneurs, en faisant le lien entre l’expérimentation créative et le développement durable du marché. »
L’air de rien, Zero 10 instaure donc un dialogue poétique et professionnel entre ce qui se crée dans l’espace numérique et ce qui se collectionne dans les galeries et les foires. Derrière la promesse technologique, c’est la question de l’accès, de la visibilité et de la pérennité de l’art numérique qui se pose. On se questionne alors : faut-il y voir un nouveau paradigme ou la structuration d’un secteur en plein essor ? Si l’on a une petite idée de la réponse, force est d’admettre que Zero 10 se positionne comme l’un des rendez-vous incontournables pour qui veut observer et participer à la mutation en cours de l’art contemporain. Et pourquoi pas, en collectionner à son tour.