« The Delusion parle des conversations difficiles à avoir. De quelle façon utiliser l’interactivité pour proposer un espace destiné à cela ? », interroge l’artiste et conceptrice de jeux vidéo. Question à laquelle elle répond avec brio à travers son exposition présentée à la Serpentine Gallery, à partir du 30 septembre 2025. Pour cela, Danielle Brathwaite-Shirley a mis au point une installation immersive mêlant jeux vidéo et théâtre participatif, avec la fin du monde en ligne de fond. Dans un univers post-apocalyptique, le public déambule ainsi dans un futur où la société s’est fragmentée et dont chaque faction s’est refermée sur elle-même, sur ses croyances et ses dogmes.
Profondément actuelle, l’idée derrière cette dystopie est de réhumaniser les débats, lutter contre la censure et permettre aux individus de surmonter les émotions compliquées qui les traversent. « L’œuvre est un lieu où se regarder mais aussi le miroir de la société – et c’est le bazar ! », s’exclame l’artiste anglaise. Notons que cette importance accordée aux phénomènes sociaux n’est pas nouvelle : The Delusion s’inscrit dans la lignée du travail d’archivage des expériences et vécus des personnes transgenres noires effectué par Danielle Brathwaite-Shirley. La différence, c’est qu’à la Serpentine Gallery, l’archive prend désormais vie, au contact d’un public forcément sous le charme.