« Donne à sentir l’envers des gestes ordinaires ». Telle est l’ambition de la nouvelle exposition-évènement du Cube Garges, dont l’intitulé est prétexte à de multiples problématiques. Que recherchons-nous vraiment en naviguant quotidiennement sur les réseaux sociaux ? Peut-on considérer la démocratisation des outils numériques comme la promesse d’un monde intuitif ou plutôt comme une dépossession subtile ? Que se passe-t-il derrière les mécanismes d’extraction de données ? Sommes-nous définitivement entrés dans une ère où l’attention se marchande ?
Toutes ces questions, les deux commissaires de l’exposition, Anastasiia Baryshnikova et Clément Thibault, ont la bonne idée de les aborder via des installations technocritiques ; celles de Camron Askin, Emilie Brout & Maxime Marion, Christophe Bruno, Ben Elliott, Baron Lanteigne, Ethel Lilenfeld ou encore Jonas Lund, Shoei Matsuda et Lorna Mills. Autant dire la fine fleur d’un art numérique jamais aussi fascinant que lorsqu’il s’accompagne d’un sous-texte politique.