Le titre, volontairement altéré, comme pour briser les repères des algorithmes, agit comme un signal d’alarme. D’un côté, il évoque une vigilance nécessaire face à des infrastructures devenues invisibles, omniprésentes, et pourtant fragiles. De l’autre, il traduit la volonté de Lou Fauroux d’explorer « la manière dont les technologies, la culture pop et les récits en ligne façonnent nos imaginaires et nos rapports de pouvoir ». Pensée dans le prolongement de The Internet Collapse series, un ensemble de films anticipant un futur proche marqué par la disparition d’Internet, cette nouvelle installation vidéo rejoue à sa manière – c’est-à-dire critique, réflexive et non dénuée d’humour – un clip de Britney Spears, « Lucky ».
Ce n’est ni de la fan fiction, ni un clin d’œil appuyé à la pop culture : W4tch0ut est tout simplement une réappropriation d’images saturant l’espace médiatique, une œuvre « qui interroge les formes actuelles de surveillance », une succession de scènes fragmentées qui en disent long sur la façon dont nos identités sont aujourd’hui dissoutes dans des flux de données.