D’emblée, précisons que l’exposition s’articule autour de deux œuvres majeures, explorant à leur manière la façon dont les savoirs autochtones se transmettent, se transforment et résistent à l’ère numérique. Quand la première, Garden Amidst the Flame (2022), interroge la cosmologie minahasa et son rapport d’équilibre entre humains et non-humains, la seconde, Of Other Tomorrows Never Known (2023), met en scène une figure de « cyborg-vampire » inspirée de Makatana, entité cosmique suprême de cette tradition, dans une fable spéculative où le passé et le futur s’entrelacent.
Impossible, toutefois, de ne pas aborder l’exposition via son titre, Beyond the Belly Button (« Au-delà du nombril »), qui fait référence à une formule rituelle en langue tontemboan selon laquelle « pour rencontrer nos ancêtres, il suffit de regarder au-delà de notre nombril ». Une invitation à dépasser l’individu pour renouer avec une mémoire collective, des récits oubliés et d’autres façons d’habiter le monde : et si on tenait là la meilleure définition du travail de cette plasticienne et vidéaste, qui réussit ici à donner une résonance mythologique à ses installations vidéo ?