Luna Mahoux
De son enfance à Liège, Luna Mahoux, née en 1996, retient surtout la découverte de deux artistes : Nan Goldin et Ana Mendieta, dont elle place les œuvres au même niveau que The Wire ou les albums de Chief Keef. Chez elle, pas de hiérarchie : l’écriture, la performance, le son, le cinéma, tout se mélange. Il suffit d’avoir la bonne idée, le bon traitement, la bonne approche. Forte d’un riche parcours artistique – entre La Cambre, l’ENSAPC et Le Fresnoy -, la Belge trouve ainsi dans les images dites « pauvres », telles que conceptualisées par Hito Steyerl, une source d’inspiration, un moyen efficace et pertinent de se connecter à une certaine réalité.
Après avoir réalisé un documentaire à Memphis, au cœur de la scène rap locale (The Other Queen of Memphis), l’artiste belge a vite ressenti le besoin d’aller s’immerger dans son pays natal (l’Éthiopie), en quête de musiques et d’images – issues d’archives ou réalisées sur place. En résulte Tezeta, une fois de plus pensée dans l’idée de mettre la lumière sur des femmes noires charismatiques, de faire de la musique le cœur battant de ses recherches visuelles, mais aussi de ramener le populaire au cœur du monde de l’art, rarement aussi intéressant que lorsqu’il se confronte à de telles propositions alternatives.