Morehshin Allahyari
Grâce à l’IA, aux simulations 3D et à la vidéo, qu’elle imbrique à intervalles réguliers dans des sculptures, Morehshin Allahyari a su trouver la voix la plus juste pour mettre en lumière l’impact des forces coloniales sur la manière dont nous utilisons les technologies. La plupart des œuvres de l’artiste née en 1985, aujourd’hui installée entre New York et San Francisco, entendent ainsi rebooster l’histoire, créer une forme de contre-récit, imaginer ce qu’auraient pu donner certaines traditions si celles-ci avaient vu le jour à l’ère digitale. À l’image de Moon-Faced (2022), une installation basée sur un modèle d’IA multimodal permettant de générer une série de vidéos à partir des archives de peintures de la dynastie Qajar (1786-1925), et proposer ainsi des portraits non sexués, finalement fidèles aux traditions de la culture persane avant que celles-ci ne soient mises à mal par l’influence de la culture européenne, moins portée sur la représentation de genres non binaires.