IA, anges, esprits et archéologie alien : la Biennale d’Helsinki contemple les nouveaux mondes

15 juin 2023   •  
Écrit par Lila Meghraoua
IA, anges, esprits et archéologie alien : la Biennale d’Helsinki contemple les nouveaux mondes
“Your Chosen Pilgrimage”, 2023 ©Danielle Brathwaite-Shirley

La Biennale d’Helsinki a de nouveau ouvert ses portes, il y a quelques jours (le 12 juin). Pour cette nouvelle édition, elle présente à ciel ouvert le travail de 29 artistes internationaux autour de la thématique des futurs spéculatifs (New Directions May Emerge).

« As contamination changes world-making projects, mutual worlds –– and new directions –– may emerge », a écrit dans le Champignon de la fin du monde l’anthropologue Anna Lowenhaupt Tsing, qui voit dans la « contamination » une voie vers la collaboration. Nous sommes « contaminés par nos rencontres ; elles changent qui nous sommes tandis que nous laissons la place à ceux qui nous entourent ». Par ce marrainage intellectuel, la Biennale d’Helsinki entend explorer les nouveaux modes du vivre ensemble « avec autrui, les animaux, les plantes, l’environnement, les datas et toutes les autres entités autour de nous ». 

« La vie trouve toujours un chemin »

Pour composer cette programmation, la curatrice Joasia Krysa s’est adjoint les services d’institutions, mais aussi d’une intelligence artificielle, créée par l’artiste sud-coréenne Yehwan Song. Le collectif basé entre Londres et Berlin, Keiken, présente ainsi Ángel Yōkai Atā : une expérience de « téléportation » dans la Lime Valley, une maison habitée par les anges et les esprits de l’île de Vallisaari, qui accueille la Biennale. Pour The End of Imagination, Adrián Villar Rojas a également, selon ses dires, conçu sa propre « machine à remonter le temps », accompagnée de cinq sculptures numériques monumentales. 

Ángel Yōkai Atā ©Keiken.

Dans Hypoxia, l’artiste Emilija Škarnulytė se projette dans un monde post-apocalyptique et considère la Mer Baltique avec l’œil d’un archéologue venu d’ailleurs. Elle met ainsi en lumière un phénomène bien connu de nos contemporains :  l’« hypoxie », c’est-à-dire le manque d’oxygène des mers et des océans. Notons enfin que La Biennale se projette également en ligne avec six œuvres présentées. Une hérésie ? Non, car les arts immersifs n’ont pas à se limiter : qu’ils soient diffusés en ligne, à ciel ouvert, dans l’avenir ou le « rétro-futur », l’important est surtout qu’ils rencontrent leur public et continuent d’interroger notre présent. 

Helsinki Biennial 2023, jusqu’au 17 septembre 2023, Helsinki, Finlande.

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