Premier contact : Jisoo Yoo en 3 infos essentielles

27 septembre 2023   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Premier contact : Jisoo Yoo en 3 infos essentielles
“Je(u)” ©Jisoo Yoo/Panorama 24

Être artiste, c’est permettre la rencontre avec une œuvre, une pensée, un thème, une esthétique. Pour ce faire, il faut d’abord, du côté de l’artiste en question, s’être fait reconnaître. C’est l’objectif de « premier contact », série de mini-portraits pensés comme des speed-meeting, des premiers points d’accroche avec de jeunes artistes et leurs univers si singuliers. Cette fois, Fisheye Immersive s’intéresse à Jisoo Yoo. Originaire de Séoul, l’artiste sud-coréenne questionne à travers son travail la nature des frontières religieuses, sociales, politiques et psychologiques auxquelles elle a pu être confrontée. Une démarche ambitieuse, circonscrite dans une œuvre lourde de sens : Le plus ordinaire, le plus illusoire, aujourd’hui récompensée du prix « Révélation Art Numérique – Art vidéo » de l’ADAGP et visible à l’occasion de l’exposition Panorama 25, présentée jusqu’au 7 janvier 2024 au Fresnoy.

Je(u) ©Jisoo Yoo
Le plus ordinaire, le plus illusoire ©Jisoo Yoo
Le plus ordinaire, le plus illusoire ©Jisoo Yoo

Un élément biographique

Née à Séoul en 1990, la jeune Jisoo Yoo s’envole pour Paris en 2013 afin de rejoindre l’École nationale supérieure d’Art Paris-Cergy. Après avoir obtenu son diplôme en « Expression Plastique » en 2018, elle intègre trois ans plus tard la promotion Marguerite Duras du Fresnoy – Studio national des arts contemporain. Entre temps, la Sud-Coréenne accumule les récompenses : lauréate du Prix BIC en 2017, du programme de « Création en Cours » pour une résidence de recherche et création à Paris en 2019, du Fonds régional pour les talents émergents (FoRTE) la même année ou encore du Prix du Jury de la 18e biennale d’art contemporain de Champigny en 2022. La trentaine à peine entamée, Jisoo Yoo est d’ores et déjà à la tête d’un beau palmarès ! 

Quant à son œuvre, protéiforme, elle associe pratique du dessin et de la sculpture, mais aussi des installations, audiovisuelles et des performatives, qui ont déjà séduit une multitude d’institutions de renom. On a notamment pu voir ses travaux lors d’expositions collectives au Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis, aux Grands Voisins parisiens, aux Abattoirs à Toulouse ou encore au Centquatre à Paris. 

Une oeuvre

Le plus ordinaire, le plus illusoire (2023) est une installation présentant une performance interactive en « temps réel », rendue possible grâce à la motion capture et composée de deux vidéos-projections restituant l’image en mouvement, à la fois vue par le spectateur, témoin du monde réel, et vue par le biais d’une caméra située dans le monde virtuel. Avec toujours cette question de la frontière chevillée au corps, Jisoo Yoo explore cette fois-ci la limite entre le réel et l’irréel via deux procédés : d’abord, en exécutant dans le monde virtuel nos gestes les plus quotidiens, ce qui ne manque pas d’intriguer quand on sait à quel point la plupart des artistes se laissent plus volontiers tentés par l’inédit promis par les technologies numériques ; puis en faisant virevolter des vêtements inhabités, comme s’ils étaient portés par des fantômes. On comprend alors que, pour l’artiste pluridisciplinaire, ces deux mondes « coexistent, communiquent et s’influencent mutuellement ».

Une récompense

C’est justement cette œuvre qu’a sélectionné l’ADAGP pour son prix « Révélation Art Numérique – Art vidéo », qui récompense les travaux des étudiants de deuxième année du Fresnoy, ceux-ci étant censés explorer le champ très vaste des arts numériques. 

Dévoilées le 22 septembre dernier à l’occasion de l’inauguration de l’exposition Panorama 25, les lauréats reçoivent une dotation de 5 000 € et bénéficient d’un portrait filmé et diffusé sur le site d’Arte. Leur travail est ensuite exposé dans le cadre d’une présentation à l’ADAGP et se voit également accompagné d’un texte critique. Conclusion : Jisoo Yoo n’a pas fini de séduire les professionnels du paysage artistique et d’étendre ses visions au sein d’expositions qui, c’est une certitude, devraient faire d’elle la future sensation de l’art contemporain. 

À lire aussi
Premier contact : Eden Tinto Collins en 3 infos essentielles
« A Pinch Of Kola » ©Eden Tinto Collins
Premier contact : Eden Tinto Collins en 3 infos essentielles
Être artiste, c’est permettre la rencontre avec une oeuvre, une pensée, un thème, une esthétique. Pour ce faire, il faut d’abord, du côté…
06 septembre 2023   •  
Écrit par Manon Schaefle
Premier contact : Bérénice Serra en 3 infos essentielles
Premier contact : Bérénice Serra en 3 infos essentielles
Étiquettes de bagages, galeries photos des téléphones, applications collaboratives… Gare à ce qu’on laisse à sa portée ! Bérénice Serra…
03 août 2023   •  
Écrit par Manon Schaefle
Premier contact : Anhar Salem en 3 infos essentielles
“Love & Revenge“ ©Anhar Salem
Premier contact : Anhar Salem en 3 infos essentielles
Être artiste, c’est permettre la rencontre avec une oeuvre, une pensée, un thème, une esthétique… qui peut bouleverser à jamais notre…
26 juillet 2023   •  
Écrit par Manon Schaefle
Explorez
Danceteria : quand le célèbre club new-yorkais se plaçait à l'avant-garde de l'art vidéo
Danceteria, 12 mai 1990, New York © Bill Tompkins/GI
Danceteria : quand le célèbre club new-yorkais se plaçait à l’avant-garde de l’art vidéo
Avant de donner son titre à un morceau du dernier album de Madonna, le Danceteria était un club de six étages où les New-Yorkais...
07 août 2026   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Bien avant l'IA, Tomás Saraceno inventait déjà une autre forme d'intelligence
© Agostino Osio
Bien avant l’IA, Tomás Saraceno inventait déjà une autre forme d’intelligence
Alors que beaucoup s'accordent à dire que l'IA est la plus grande révolution de notre monde, l'artiste argentin Tomás Saracenos explore...
06 août 2026   •  
Écrit par Zoé Terouinard
« Marmelade » : l'art de la guerre selon Paolo Almario
“Marmelade” © Paolo Almario
« Marmelade » : l’art de la guerre selon Paolo Almario
Grand Prix du concours State of the ART(ist) 2026 d'Ars Electronica, l'installation Marmelade de Paolo Almario met en scène des portraits...
04 août 2026   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Art numérique : quelles sont les 10 expositions à voir en août 2026?
“Kids swimming Greece – 90’s” © Maria Mavropoulou
Art numérique : quelles sont les 10 expositions à voir en août 2026?
Entre deux sauts dans la piscine et une rando, quoi de mieux qu'une visite d'expo pour profiter pleinement des vacances, du temps libre...
03 août 2026   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Danceteria : quand le célèbre club new-yorkais se plaçait à l'avant-garde de l'art vidéo
Danceteria, 12 mai 1990, New York © Bill Tompkins/GI
Danceteria : quand le célèbre club new-yorkais se plaçait à l’avant-garde de l’art vidéo
Avant de donner son titre à un morceau du dernier album de Madonna, le Danceteria était un club de six étages où les New-Yorkais...
07 août 2026   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Nam June Paik, la révolution a bel et bien été télévisée
“Moon Is the Oldest TV”, Nam June Paik © Elliott Erwitt / Magnum
Nam June Paik, la révolution a bel et bien été télévisée
Figure séminale de l’art vidéo, Nam June Paik témoigne dans son travail de l’avènement progressif d’une image audiovisuelle devenue...
06 août 2026   •  
Écrit par Laurent Catala
Bien avant l'IA, Tomás Saraceno inventait déjà une autre forme d'intelligence
© Agostino Osio
Bien avant l’IA, Tomás Saraceno inventait déjà une autre forme d’intelligence
Alors que beaucoup s'accordent à dire que l'IA est la plus grande révolution de notre monde, l'artiste argentin Tomás Saracenos explore...
06 août 2026   •  
Écrit par Zoé Terouinard
Apple : ce que l'art informatique doit à la marque à la pomme
Debbie Harry et Andy Warhol testant un ordinateur Amiga © Lincoln Center
Apple : ce que l’art informatique doit à la marque à la pomme
Cinquante ans après sa création dans un garage de Los Altos, Apple pèse aujourd'hui près de 4 000 milliards de dollars. Mais au-delà des...
05 août 2026   •  
Écrit par Zoé Terouinard